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La guerre des bases aériennes aura-t-elle lieu au profit des voyageurs d'affaires ?


Ce n'est pas la guerre des Gaule mais la guerre des bases : ce jeudi, EasyJet a inauguré son installation à Nice et confirmé celle de Toulouse, tandis qu'Air France communiquait sur son déploiement... à Nice et Toulouse. Ainsi qu'à Marseille, où elle amplifie son programme de vols, talonnée par Marseille. A qui profitera la bataille ?



Manifestement les aéroports du Sud de la France sont devenus l'enjeu stratégique des compagnies aériennes. Les compagnies nationales étrangères comme British et Lufthansa en avaient fait leur terrain de jeu ces dernières années, via Brussels Airlines et d'autres, pour proposer aux voyageurs d'affaires de rejoindre leur hub et repartir vers d'autres destinations. L'enjeu ? Tout sauf Roissy ! Air France y a de solides installations que lui jalousent des compagnies étrangères, mais malgré tout l'aéroport n'est pas toujours confortable en correspondance et surtout, les lignes de province atterrissent généralement à Orly. Et le transit vers Roissy, c'est juste l'enfer.

Le changement est en place, Air France est à l'offensive : Nice, Toulouse ou Marseille deviennent des terrains de reconquête, les bases permettent d'avoir plus de souplesse et de productivité. La compagnie y développe des destinations transversales France, mais aussi internationales: Athènes, Naples, Tel Aviv notamment à Nice, Berlin, Prague, Séville ou Vienne pour Toulouse. A Marseille, ce seront 34 destinations, et l'ouverture de Barcelone, Berlin ou Marrakech notamment. Vous avez remarqué ? Que du court ou moyen courrier (Tel Aviv). Air France s'installe ainsi pile poil sur le créneau des low-costs... en insistant sur le fait qu'elle ne fait payer ni le bagage en soute, ni le sandwich dont au demeurant on se passerait fort bien. Reconquête, vous dis-je. Il reste à savoir ce qu'y gagnera le voyageur d'affaires, et si ce redéploiement va lui permettre d'aller plus facilement de point à point où de hub en hub vers ses destinations de travail. A priori, il n'y a pas de raison. Et la guerre des prix peut lui être profitable. Il reste à savoir quelle sera la stabilité de ces lignes, trop facilement ouvertes... et refermées. L'équilibre se jouant entre Affaires et loisirs, les programmes de vols risquent d'être fort différents l'été et l'hiver, pour passer à la saisonnalité. Fonctionnel pour les compagnies, peu pratique pour le déplacement professionnel.

Annie Fave

Jeudi 22 Mars 2012


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