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La guerre des logiques aériennes est relancée




Alors que Bordeaux inaugure un nouveau terminal low-cost, baptisé gentiment Billi, les compagnies aériennes American Airlines, British et Iberia confirment leur rapprochement. D’un côté les liaisons « point à point » explosent, de l’autre les compagnies traditionnelles deviennent titanesques. Les uns visent au plus prêt, les autres au gigantisme. Y aura-t-il un gagnant ? Et quid du passager ?

Bordeaux a fêté hier en grande pompe et avec un aéropage de personnalités la naissance d’une nouvelle aérogare, Billi. Une plate-forme construite pour accueillir spécifiquement un trafic low-cost qui s’est multiplié par 4 à Bordeaux entre 2003 et 2009. Pour cette seule année 2010, Ryanair a ainsi créé des lignes de la capitale d’Aquitaine vers Bruxelles, Bologne, Porto, Edimbourg et bientôt Cork ; esayJet annonce des vols vers Milan et Londres ; Jet4you a lancé Bordeaux-Casablanca et la compagnie Cimber Sterling ouvrira une liaison reliant Bordeaux à Copenhague dès le 24 juin. Ouf ! Ce développement bordelais est parallèle de la croissance en cours à Marseille, qui possède aussi sa plate-forme spéciale mp3, et d’autres projets sont en cours. Pour le loisir, mais pas seulement : bien des voyageurs d’affaires ont ainsi trouvé des solutions simples et rapides pour se rendre directement de leur province dans d’autres pays difficilement accessibles. Bordeaux-Edimbourg, par exemple, aucune autre compagnie ne le promet !
La logique du « point à point » ainsi développée par les low-costs est plus que jamais diamétralement opposé au système des compagnies traditionnelles qui, elles, d’alliances en code-shares, cherchent à rassembler le plus de monde possible dans des lieux déterminés pour transporter en masse ces passagers vers d’autres points de rassemblement, d’où ils s’éparpilleront vers leurs destinations finales. C’est d’ailleurs cette logique qui a conduit au lancement de l’A380 : moins de vols mais plus de monde dans chaque appareil, c’est le principe. Louable certainement en terme d’environnement, puisqu’on utilise ainsi moins de carburant, et on émet moins de CO2. Mais pour ce qui est de la liaison directe, à moins d’être logé à côté de l’aéroport, tintin ! C'est d'ailleurs le constat qu'en a fait Emirates qui vient d'en commander 30 de plus.

Difficile de dire qui, à terme, l’emportera, si tant est que quelqu’un doit l’emporter puisque les deux logiques, finalement peuvent être complémentaires. Il reste aux passagers à voter, billet en poche. Depuis quelques années, les low costs, il faut bien le remarquer, gagnent de sacrés parts de marché.

Hélène Retout

Jeudi 10 Juin 2010


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