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Lundi 19 Avril 2010

La polémique enfle autour du «principe de précaution»



Les unes après les autres, les instances du transport aérien sont montées lundi au créneau pour évoquer un excès de précaution dans le traitement de ces cendres réputées abrasives. Petit tour d’horizon des critiques... et un bémol, venant de l'Otan.



Au lendemain de l’éruption du volcan islandais et avec la propagation du nuage de cendres, l’application du principe de précaution et la fermeture des aéroports «survolés» par le nuage ne souffraient, jusqu’à ce week-end, aucune contestation car le risque associé à la traversée d’un tel nuage est avéré, l’histoire aéronautique le prouve. Mais face à l'ampleur des conséquences économiques et humaines, le patron d'Air France, le SNPL France ALPA puis Iata, la Fédération Nationale de l’Aviation Marchande et l’Union des Aéroports Français ont demandé que l’analyse de la situation et du risque - dans un univers aussi complexe que celui des volcans, de la météorologie et de l’aéronautique - repose désormais sur des éléments et des mesures moins contestables qu’une seule décision politique ou administrative. Des vols d’essai ont-ils été effectués, des mesures physiques et chimiques ont-elles été réalisées ? A quelle altitude se situe le « nuage » volcanique ? Quelle est la densité du nuage ? Autant de questions que posaient les uns et les autres, demandant que les acteurs politiques prennent en compte les résultats des vols tests réalisés par les compagnies pour « redonner vie au transport aérien européen ».
Seule voix discordante dans ce concert de critiques, celle, très discrète, d’un responsable américain de l’Otan qui a signalé à des journalistes à Bruxelles qu’un chasseur-bombardier F 16 avait été affecté par le nuage de cendres en volant au dessus de l’Europe. Un processus de « vitrification » a été décelé dans les moteurs de l’appareil. Il semble qu’au contact des hautes températures qui règnent à l’intérieur d’un moteur, les cendres puissent se transformer en verre. Mais il est vrai qu’une plus grande publicité autour de cet incident aurait pu provoquer des interrogations sur l’efficacité militaire de l’organisation dans un tel contexte.