Deplacements Pros, le quotidien du business travel, du voyage d'affaires et des déplacements professionnels
Accueil
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte


Le B747 d'Air France a tiré sa révérence... J'y étais !


Le Boeing 747 d'Air France a réalisé son dernier vol commercial en reliant Mexico à Roissy en début de semaine. Mais avant de tirer sa révérence après plus de 45 années de bons et loyaux services au sein de la compagnie, le jumbo jet a fait un dernier tour d'honneur au dessus de l'Hexagone, ce 14 janvier 2016. Emotion à bord.



"AF0747 : CDG – CDG : dernier vol en hommage au B747 d'Air France": que cela soit au comptoir, au filtrage ou au contrôle des bagages cabine, mon billet pour le vol spécial du jumbo jet du 14 janvier 2016 a interpellé plus d'un salarié d'ADP ou de la compagnie. Il faut dire que cet avion, lancé en 1969 et arrivé au sein d'Air France en 70, a accompagné la moitié de l'histoire de l'aviation, secteur jeune centenaire. Mais cet appareil capable de transporter 324 passagers à son lancement – soit au moins 3 fois plus qu'une Caravelle – a surtout marqué la démocratisation du transport aérien.

Un avion mythique

Premier vol, premier voyage vers New York, vacances en famille... l'appareil, immédiatement identifiable grâce sa bosse, déclenche les souvenirs de très nombreux voyageurs. "J'ai vu le tout premier B747 se poser à Orly en 1969. C'était un avion de la Pan Am. J'étais pompier, je m’entraînais avec mes collègues au fort d'instruction des sapeurs pompiers de Paris qui est à Villeneuve Saint Georges. Nous nous sommes tous arrêtés pour le regarder arriver", se rappelle Daniel Meleux passionné d'aviation qui a plusieurs fois volé à bord de l'appareil depuis. "Je ne voulais pas rater le dernier vol du B747 d'Air France".

Fans d'avions, anciens membres d'équipage ou mécanos du Boeing, grands voyageurs... Tous voulaient en effet profiter une dernière fois de l'appareil mythique d'Air France. Ainsi à l'ouverture de l'embarquement vers 11h, les traditionnelles bousculades devant les comptoirs sont minimes. Les voyageurs du vol CDG – CDG sont encore nombreux devant la vitre du terminal 2E pour prendre une dernière photo de l'avion. Le programme du vol est original : survol de la France avec déjeuner Business et champagne pour tous.

Un vol chargé d'émotions

Après son décollage de Roissy, le B747 a mis le cap sur le Mont Blanc puis la Côte d'Azur mais les nuages ont couvert la vue. L'Hexagone ne se dévoilera finalement qu'à partir de Bordeaux. La côte Atlantique s'offre alors aux passagers : l’île d'Oléron, Noirmoutier, Belle-île... Le spécialiste aérien Bernard Chabbert intervient pendant le vol pour dévoiler quelques secrets du quadriréacteur : Boeing a joué quasiment tous ses avoirs (et donc sa survie) pour la fabrication du 747 ; au cours de ces 45 dernières années, Air France a eu 74 B747 tous modèles confondus et a transporté avec eux 250 millions de passagers.

Dans cette ambiance festive, l'émotion de l'équipage est palpable: "Le B747 est vraiment un avion à part. Son design, l'espace, son pont supérieur sont vraiment marquants. Il était agréable de travailler au pont supérieur, c'est comme un cocon", explique l'une des hôtesses. Après environ 3h00 de vol et plus de 2300km parcourus au dessus de la France, le Boeing se pose une dernière fois sur l'aéroport de Roissy sous les couleurs d'Air France et prend la direction du hangar.

Pour la première fois, le secteur Engineering et Maintenance de la compagnie a accueilli dans ses installations des clients arrivant directement depuis un vol. Anne Brachet, directrice générale adjointe, a elle aussi un moment d'émotion: "Le Boeing 747 est un monument. Il a fait d'Air France ce qu'elle est. Nous nous sommes construits avec cet appareil". Elle assure ensuite: "Nous sommes émus par son départ mais pas triste. Le B777 est là. La maintenance a la force et l'expertise pour se positionner sur les avions nouvelle génération". Air France a finalement clôturé son histoire avec le jumbo jet comme elle l'avait commencée: la 1ère hôtesse du B747 de la compagnie Jacqueline Pajot, envoyée à Seattle pour baptiser l'avion lors de son roll out en 1968, a versé du champagne sur le train d'atterrissage de l'appareil.

Malgré son départ de la flotte de la compagnie, l'histoire du B747 ne va pas s'arrêter pour autant. Les deux Boeing qui ont effectué les vols hommage du 14 janvier, sont des appareils loués. Ils vont donc être rendus à leur propriétaire. Un troisième Boeing, détenu par Air France, va pour sa part être mis en vente. Mais d'autres compagnie exploitent encore l'appareil: la petite bosse restera encore quelques temps visibles sur les tarmacs parisiens.

Sophie Raffin
Le B747 d'Air France a tiré sa révérence... J'y étais !

Pourquoi Air France se sépare de ses B747 ?
Si l'avion séduit les fanas d'aviation par son histoire et son design, le B747 a toutefois un point faible, il est gourmand en carburant. Ainsi dès 2010 – lorsque le prix du baril était assez élevé – Air France avait décidé de retirer l'appareil de sa flotte. Si l'argument du cours du pétrole a moins de poids maintenant, le jumbo présentait un autre inconvénient. Son maintien aurait entraîné des frais de maintenance et de modernisation conséquents en raison du grand âge de certains modèles (près de 25 ans).

Avant son tour de France, Le B747 de la compagnie avait effectué un dernier vol commercial entre Mexico et Paris CDG dans la nuit du 10 au 11 janvier. A l'occasion de cet ultime périple, une vidéo a été réalisée à bord du Jumbo Jet.

Le Boeing a depuis été remplacé par un A380.






1.Posté par Pedro le 15/01/2016 08:46
Bien évidemment cela peut être émouvant mais faire dans le pathos pour un avion encore exploité par des dizaines de compagnie, et qui est toujours livré en appareil neuf (KLM, Lufthansa, British...) voilà un buzz vite fait bien fait.... Mais sans intérêt !