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Le yield à la SNCF pourrait bien faire exploser le prix des billets de train


Il y a quelques jours, en déplacement à Troyes, Nicolas Sarkozy annonçait une subvention de 210 millions d'euros pour le maintien des trains inter-régionaux. Une demande formulée depuis longtemps par la SNCF exaucée par le chef de l'État. Mais cette continuité territoriale aura une contrepartie, elle aussi souhaitée par Guillaume Pepy, le patron de l'entreprise ferroviaire nationale : une hausse sensible du prix des billets de train.



L'ensemble des tarifs de la SNCF n'augmentera pas brutalement. L'idée, défendue par la direction de l'entreprise nationale, est d'arriver à obtenir une régulation intelligente des tarifs qui resteraient accessibles aux familles mais seraient en forte hausse pour les trains les plus fréquemment utilisés dans les déplacements professionnels. Cette application «sociale» du yield est loin d'être inintéressante tant elle s'appuie sur des valeurs fortement défendues par l'ensemble des partenaires sociaux de la SNCF… Y compris l'État. On imagine aisément ce que pourrait être ce yield. D'autant, qu'il est déjà appliqué depuis quelques années en fonction des heures de départ, des périodes de l'année voir même en fonction des lignes les plus fréquentées par les voyageurs d'affaires. Le Paris Marseille, le Paris-Strasbourg, le très classique Paris Lyon tout comme le Paris Rennes ou le Paris Nantes sont des exemples concrets de ce qui se fait en matière de yo-yo tarifaire. Il ne faut pas oublier non plus des villes comme Bordeaux ou Lille. Au final, pas plus d'une quinzaine de lignes TGV majeurs seraient touchées par des hausses de tarifs qui oscilleraient entre 6 et 12 % selon la classe de voyage.
La SNCF sait parfaitement qu'elle a une carte à jouer sur les trajets de moins de 3 heures, nettement plus faciles à faire en train qu'en avion. Il reste à savoir quelle forme prendra l'augmentation "annoncée". On sait déjà que les premières classes, considérées comme bon marché en France, devraient être les premières à subir une hausse sensible. Mais à l'image de l'aviation, la SNCF a bien compris qu'il pouvait aussi y avoir des idées de services complémentaires à proposer aux clients professionnels. Thalys le fait avec le "salon" et le Wifi à bord. Deux idées qu'elle étudie attentivement pour sa clientèle d'affaires.
Force est de remarquer l'intelligence du patron actuel de la SNCF, énarque et ancien conseiller technique de Michel Charasse, qui aura réussi là où certain de ses prédécesseurs ont échoué. À la fois ferme et souple, attentif et ouvert à la discussion, il aura atteint son but : mettre en place une vision réaliste de l'économie du transport ferroviaire, éloignée de toute approche trop politique, souvent nuisible. Imparable !

Marc Dandreau

Lundi 8 Novembre 2010


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