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Lentement mais sûrement, la fraude aérienne se poursuit


Au fil des années, l'Internet est devenu le moyen idéal pour frauder les compagnies aériennes. Selon une étude britannique menée par le cabinet Deloitte en 2009, 48 % des 50 premiers transporteurs aériens mondiaux ont déclaré une forte augmentation de la fraude en ligne pour 2008 avec des pertes annuelles de plus de 2,4 millions de dollars. Un chiffre jugé beaucoup trop bas par le cabinet CyberSource qui estime que pour 2009 la fraude dépasse, au niveau mondial, les 1,2 milliards de dollars.



On aurait pu croire que la technologie permettrait de mettre en place des filtres suffisamment puissants pour empêcher les arnaques aux billets d'avion. Selon les experts, il n'en est rien. D'autant que si en Europe les contrôles sur les cartes bleues des particuliers se font instantanément pour des débits à très court terme, l'achat par "plastic Money" n'est pas identique aux États-Unis où les règlements différés sont plus nombreux et où le prélèvement automatique n'existe quasiment pas. Il est donc assez facile d'acheter un billet à 48 ou 72 heures avec une carte bleue volée ou un système de paiement en ligne falsifié.
Si la fraude touche principalement l'acquisition du billet d'avion (68 %), elle concerne de plus en plus les comptes de fidélisation des compagnies aériennes avec la fabrication de fausses cartes dotées des numéros attribués à de gros clients qui le plus souvent disposent d'un très important volume de miles. On imagine le résultat. Ajoutons les fausses cartes d'accès au salon ou celles, plus rares, de membre d'un club ultra privilégié mis en place par les compagnies. Enfin, depuis quelques mois, on assiste à de fausses transactions électroniques à partir de comptes clients parfaitement imités et dont les options de facturation et de débit permettent l'introduction d'achats fictifs au bénéfice d'un ou plusieurs utilisateurs.
Pour éviter le développement de ces arnaques, les compagnies aériennes mettent en place des services dédiés chargés de traquer les incohérences ou du moins les doutes au moment de l'émission de billets à forte valeur, principalement des business ou des First. A la pointe de cette traque, les compagnies américaines disposent désormais d'un ensemble d'outils technologiques capables de vérifier en temps réel les algorithmes bancaires et les codes de sécurité mise en place sur les comptes des clients. Ce travail de certification des achats commence lentement à arriver en Europe où British Airways s'est doté de systèmes permettant à la fois le contrôle en temps réel des achats mais également la traçabilité du billet et de son utilisateur. On peut supposer qu'Air France dispose de systèmes comparables, même si la compagnie n'a jamais souhaité s'exprimer sur le sujet. Pour autant, et si l'on en croit les experts, la fraude - même si elle diminue de quelques points ces prochaines années- est loin d'être endiguée. A une époque où chaque centime compte dans les revenus aériens, on imagine que le sujet est pris très au sérieux.

Marc Dandreau

Jeudi 21 Octobre 2010


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