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Lundi 12 Mars 2012

Les Suisses ne veulent pas de vacances en plus !



Soumis au stress que les salariés des entreprises françaises connaissent aussi, les Suisses se sont vu offrir la possibilité de disposer de deux semaines de vacances de plus, dimanche dernier, à l'occasion d'une de ces "votations" organisées pour consulter la population. Réponse : non, merci.



Les Suisses ne veulent pas de vacances en plus !
Vacances… ce mot fait généralement rêver. Mais les Suisses semblent plutôt insensibles au charme de 15 jours supplémentaires de farniente loin du bureau, du stress des déplacements et du speed des rendez-vous. Un référendum fédéral à l’initiative du syndicat Travail.Suisse leur demandait le 11 mars 2012 s’ils voulaient passer de 4 à 6 semaines de congés payés. Le Non l’a emporté avec 67 % des voix. Dans le détail, les Suisses romands (zone francophone) avaient un avis moins tranché puisque 49 % d’entre eux avaient penché pour le Oui. Par contre dans les régions alémaniques, les vacances ne les ont pas du tout fait vibrer, 78% des électeurs du canton de Schwyz et 74 % du canton de Zoug ont voté contre la proposition.
Les opposants à la réforme avaient fortement milité contre le projet en mettant en avant son coût de 6,3  milliards de francs (5,2 milliards d'euros) et l’exemple de la France touchée par la crise alors que les salariés de l' Hexagone travaillent moins que les Suisses.



1.Posté par Garfield le 13/03/2012 11:04
Commentaire d'un romand ayant voté non aux 6 semaines de vacances : cela peut surprendre, surtout vu de France, que l'on refuse 2 semaines de vacances de plus. En fait, ce qu'une majorité de suisses a signifié par ce vote, c'est le fait que plus de vacances ne veut pas dire moins de stress.

Vu le côut du travail en Suisse, le patronat n'aurait pas plus engagé, cela signifiant plus de travail à se répartir et donc plus de stress. Le dialogue entre directions et syndicats est différent qu'en France, la grève n'intervient qu'en dernier lieu et non pour marquer des rapports de force avant les négociations, et l'acceptation de 6 semaines de vacances n'aurait que réduit la marge de manoeuvre des syndicats (avantages sociaux, salaires, entre autres) ; rappelons quand même que si la loi impose 4 semaines de vacances, de nombreux employés suisses bénéficient de 5 ou 6 semaines dans les faits, grâce à des conventions collectives négociées entre syndicats et patronat.

Simple exemple, vécu chez mon employeur actuel : je bénéficie de 5 semaines de vacances depuis mon engagement en 2000 ; pour faire face à la crise et à la faiblesse de l'euro, les partenaires sociaux ont négocié un gel des salaires sur quelques années contre son équivalent en temps, soit quelques jours de vacances en plus. Résultat : pour les employés une baisse du pouvoir d'achat contre du temps libre, et pour l'employeur une réduction du poids des salaires contre l'obligation de revoir certains projets de moindre importance pour s'ajuster au nombre réduit d'heures travaillées. Tout cela sans grève.

D'ailleurs, l'exemple du système français a été, il est regrettable de le dire, plutôt vu par les suisses, romands en particulier, comme un repoussoir dans ce vote ; en résumé, cela est vu comme le raccourci "35 heures et plus de chômage". Enfin, comme syndiqué moi-même, je trouvais la proposition de Travail.Suisse trop contraignante pour les entreprises, PME en particulier ; améliorer la qualité de vie passe surtout, à mon avis, par un bon partenariat social au sein de chaque entreprise, et cette qualité de vie peut s'améliorer de plusieurs façons, selon les secteurs : annualisation du temps de travail, possibilité d'avoir des crèches à disposition, congés parentaux, etc. Les vacances ne sont qu'une partie de la solution.

2.Posté par PJohann le 16/03/2012 13:13
Tout a fait; je suis toujours étonné de la non connaissance du fonctionnemetn de l'econmie Suisse de la part des citoyens Français, et même de certaines "elites" politiques.
Par exemple, Melanchon , que j'admire pour pas mal de ses idées et ses prises de position , se trompe car il reste dans une logique Franco-française, c'est a dire celle de l'affrontement sans concession,la lutte des classes et la lutte drotie-gauche nottament.

En Suisse la notion de difference de classes est presente elle aussi mais elle n'aboutie pas necessairement entre un affrontement entre patronat et syndicats.

La notion de concession est necessaire en Suisse vitale, elle se ressent dans la vie de tout les jours avec un systeme de vie, de finance, de justice très très complexe et très dur mais ,dans la réalité, si un citoyen a des arguments qui sont justes et surtout si il est de bonne fois (En suisse le fonctionnement par rapport en la confiance ne l'autre est très important), la dureté de ces reglments s'assouplie très vite (le contraire d'en France ou on est faussement arrangeant mais très dur dans la réalité).

Et cette flexibilité se ressent entre les gens.Pour un Suisse "moyen" (encore que les mentalités sont differentes selon les cantons), quand on en arrive a l'affrontement c'est que c'est deja trop tard;il vaut mieux aprevoir toutes les situations possibles avec des passerelles, des portes de sorties..En gros on donne son avis, on dit "je preferai que.." mais on nuance en disant "cependant il est possible de trouver telle ou telle date de rendez vous ou de partir sur d'autres modalités"

c'est le principe des votations populaires ou chaque citoyen reçoit un texte qui presente le projet, le contre projet,le point de vue neutre , l'avis federal...comme ça même si des fois tout est volontairement complexe et des fosi assez orienté, chaque personne peut se faire une idée neutre de chaque idée.

C'est egalement le cas au travail ou on part sur une base donnée (4 semaines de congés , 42h30 de travail hebdomadaire, une forte flexibilité du travail -travail possible les week end même le dimanche des fois et peut être bientot un smic de 3200 francs Suisses par moi) mais ou il est possibile et necessaire de discuter durant les conventions collectives et d'avoir par exemple une ou deux semaines de congés en plus comme l'a si bien dit l'auteur du message au dessus

Et les Suisses tiennent beaucoup a ces conventions collectives.Maintenant imaginez que cette initiative des 6 semaines de congés aient été accepté.Bien ,fort bien, un progrés social très important..sur le moment.

Parce que , selon vous, quel serait l'argument du patronant de n'importe quelle entreprise si un syndicat propose une amelioration du salaire minimum ou une legère reduction du temps de travail?
Il serait beaucoup plus dificile de discuter parce qu'ils prendraient l'arguement de cette augmentation en disant "quoi vous avez deja 6 semaines de congés et vous vouler travailler moins?" et donc la discussion ne passerait pas ou passerait moins.

C'est aussi ce droit de discuter que les Suisses preservent , en faisant des concessions a une economie forte certes, mais toujours fragile au fond et en mettant de la bonne volonté (on a toujours plus envie de discuter avec des gens serieux et travailleurs plutot que des gens raleurs sans sens de la mesure)

Parce que ce que la plupart des Français ne savent pas et ne comprennent pas c'est que l'économie Suisse n'est pas uniquement basée sur les banques et les assurances mais aussi sur les PME.surtout sur les PME en fait..Au lieu d'avoir une dizaine de gros groupes il y'en a des centaines de beaucoup plus petit mais qui sont très specialises et qui marchent très fort, donc une economie beaucoup plus diversifée et stable car si une entreprise s'ecroulent, les autres peuvent rester valide.

Et ces PME qui font la fierté du pays, elles n'ont pas necessairement les moyens d'engagés du personnel supplementaire pour faire le boulot de ceux qui partent en congés deux semaines de plus.a 1500 euros par mois c'est possible, a ce qui est l'equivalent de 3000 ou 4000 euros cela devient impossible)Donc, pas d'emplois crées au final, mais aussi une enorme surcharge de travail des la rentrée des congés, des employés,donc plus de stress, d'energie depensée, moins de temps libre, de sommeil et de temps passé avec la famille, donc un rapport plus difficile avec un patron qui dans une petite entreprise, est souvent proche de ses ouvriers, donc plus de tensions lors des conventions collectives donc au final moins de concession.

De plus , les partis sont moins engagés dans le clivage gauche drotie que ça ne l'est en France, un parti comme le PS est a gauche..mais peut très facilement s'allier avec un groupe du PRD ou du parti democrate chretien si cela va dans leur interet commun.Quand a l'UDC si stigmatisé c'est en fait un peu l'equivalent de l'UMP en France, pas plus pas moins.

Lausanne est une ville dont le syndic' est a gauche, il fait parti des verts , l'orientation de sa ville est ecolo mais cela ne l'empechera pas de mener une politique de droite si beson est

et puis accessoirement , travailler est agréable et plutot valorisant car le bon travail est valoisé, quand un responsable RH ou un teamleader vient feliciter un employé il sait qu'il a vraiment bien bossé.

En bref, pas mieux,pas moins bien, juste une manière differente de voir les choses

(navré pour les approximations et les fautes d'orthographe je ne suis pas un specialiste)