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Mercredi 7 Décembre 2011

Les compagnies aériennes craignent une crise bancaire



La rentabilité du secteur aérien est resté fragile en 2011, mais la prévision de profits demeure inchangée, à 6,9 milliards $, ce qui correspond à une marge bénéficiaire nette de 1,2 %. En revanche, les dernières prévisions économiques de l’OCDE ont amené l’IATA à élaborer un deuxième scénario pour 2012, qui envisage que la crise de la zone euro deviennent une nouvelle crise bancaire. Dans un tel cas, toutes les régions afficheraient des déficits. L’Europe subirait les pires pertes, soit 4,4 milliards $, suivie de l’Amérique du Nord avec 1,8 milliard $ et de l’Asie-Pacifique avec 1,1 milliard $. La situation serait moins grave pour le Moyen-Orient et l’Amérique latine qui afficheraient des déficits de 400 millions $, et également l’Afrique (200 millions $).



Les compagnies aériennes craignent une crise bancaire
L’Association du transport aérien international (IATA) a revu à la baisse ses prévisions économiques de l’industrie aérienne pour l’année 2012. Elle estime que les profits du secteur seront de 3,5 milliards $ au lieu des 4,9 milliards prévus dans un premier temps. La marge bénéficiaire nette sera de 0,6 %. Principale raison de cette révision : la crise de la zone euro qui constitue une grave menace pour l’année prochaine, comme l’a constaté récemment l’OCDE. Dans le pire des cas, si la crise de la zone euro se transforme en crise bancaire généralisée et en récession en Europe, l’IATA estime que l’industrie aérienne à l’échelle mondiale pourrait subir des pertes de plus de 8 milliards $ en 2012. «La pire menace pour la rentabilité des compagnies aériennes pour la prochaine année réside dans les bouleversements économiques qui pourraient survenir si les gouvernements n’arrivent pas à régler la crise des dettes souveraines dans la zone euro. Un tel scénario pourrait entraîner des pertes de plus de 8 milliards $ – les pires depuis la crise financière de 2008», souligne Tony Tyler, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

Face à la confiance en baisse des milieux d’affaires et des consommateurs mais aussi des prévisions de croissance du PIB mondial 2012 diminué à 2,1 %, le scénario corrigé de IATA prévoit que :
- La demande dans le secteur passagers devrait croître de 4,0 % (plutôt que 4,6 % tel que prévu précédemment), tandis que le fret devrait afficher une croissance nulle (plutôt que la croissance de 4,2 % prévue précédemment).
- Le coût du carburant demeure relativement le même que dans les prévisions précédentes, soit 198 milliards $. Cette prévision est basée sur un coût anticipé de 99 $ par baril (plutôt que le montant de 100 $ prévu précédemment).
- Les revenus de l’industrie devraient augmenter de 3,7 % pour atteindre 618 milliards $. Ce chiffre sera dépassé par les augmentations de coûts de 4,5 % pour un montant de 609 milliards $. Toutes les régions devraient voir leurs profits diminuer par rapport à 2011.
Toutefois, les différences entre les régions en 2012 sont frappantes :
- Les transporteurs d’Europe devraient afficher des pertes de 0,6 milliard $, en raison de la faiblesse des économies nationales et de nouvelles augmentations des taxes sur les passagers.
- Les transporteurs d’Amérique du Nord devraient enregistrer des profits de 1,7 milliard $, et maintenir la plus forte marge EBIT soit 2,4 %. La croissance limitée de la capacité constitue une protection contre la pression à la baisse qui s’exerce sur les profits.
- Les transporteurs d’Asie-Pacifique devraient encaisser les plus importants bénéfices en chiffres absolus, soit 2,1 milliards $. Cette performance est moins bonne que celle de 2011, mais la détérioration est atténuée par les coefficients d’occupation élevés dans des marchés comme la Chine, où l’augmentation de la demande est structurelle et, dans une certaine mesure, à l’abri du cycle.
- Les transporteurs du Moyen-Orient devraient afficher des profits de 300 millions $, soit moins de la moitié des profits de 700 millions $ prévus précédemment, en raison de la détérioration des conditions du marché des vols long-courriers, en particulier ceux qui sont reliés aux faibles économies d’Europe.
- Les transporteurs d’Amérique latine verront leurs profits diminuer pour s’établir à 100 millions $, soit 400 millions $ de moins que prévu précédemment. Cela est en partie attribuable à la récente faiblesse de la rentabilité dans le grand marché brésilien.
- Les transporteurs d’Afrique subiront des pertes de 100 millions $. Cette prévision est inchangée. Les économies et les marchés de transport aérien continuent de croître dans la région, mais on prévoit que les coefficients d’occupation ne seront pas suffisants pour compenser l’impact sur la rentabilité des rendements plus faibles.