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Les compagnies du Golfe veulent voler sans passer par le Golfe


Ce sera sans doute la prochaine étape clé pour le monde du transport aérien : Emirates, Qatar ou Etihad ne passeront plus forcément par le Golfe pour assurer des vols intercontinentaux. L'annonce du Athènes/New York par Qatar Airways n'est que le début de ce qui peut apparaître logique aux voyageurs mais l'est moins pour les compagnies aériennes européennes. Un bouleversement du transport aérien qu'il faut aujourd'hui prendre au sérieux.



La libération progressive des droits de trafic, associée à l'ouverture du ciel d'un grand nombre de pays, pourraient aisément permettre aux compagnies du Golfe d'assurer des vols vers les Etats-Unis au départ de l'Europe. Certes, aujourd'hui nous n'en sommes pas encore là. Les compagnies du Golfe ont été créées précisément pour... aller dans le Golfe, drainant notamment des millions de passagers à Dubaï et c'est l'une des raisons qui a fait sa croissance. Entre l'Europe et l'Asie, le Golfe est un stop naturel qui a permis aux compagnies de trouver initialement leur marché.
Les compagnies du Golfe se sont créées en suivant le droit en vigueur dans le transport aérien, que régit la convention de Chicago en 1944. Le transport aérien international est ainsi organisé par le principe de souveraineté des États qui se traduit par des barrières juridiques imposées au trafic. La libéralisation consiste, en supprimant ces barrières, à établir un certain nombre de " libertés" définies par des accords internationaux et un texte de base qui exprime la doctrine des échanges aériens. On classe généralement ces libertés suivant un ordre numérique exprimant le degré croissant de libéralisation. De 1 à 8. Les compagnies du Golfe bénéficient aujourd'hui de la 6ème liberté qui leur "donne le droit d'assurer des transports entre deux États différents de celui où l'aéronef est immatriculé à travers le territoire de ce dernier". Mais ce sont les libertés "7 et 8" qui nous intéressent aujourd'hui. La 7ème liberté donne " le droit d'opérer en dehors de l'État d'immatriculation ainsi que de débarquer ou embarquer des passagers, du courrier et des marchandises en provenance ou à destination d'un État tiers différent de celui de l'immatriculation". Et la 8ème permet "de transporter des passagers, du courrier ou des marchandises d'un point à l'autre d'un État différent de celui où l'aéronef est immatriculé". En un mot, les textes existent pour assurer la liberté de transport sans passer par le pays où est immatriculé l'avion. On sait qu'un jour où l'autre, ils seront appliqués. Il reste aux européens à vite sortir de la crise pour ne pas être bousculés par les nouveaux seigneurs du ciel, venus du Golfe.

Hélène Retout

Dimanche 2 Décembre 2012


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1.Posté par Cgar le 03/12/2012 15:43
Un jour nous y arriverons avec des compagnies qui, fortes des investissements économiques de leurs pays d'origine en Europe, obtiendront les droits de trafic nécessaire pour un Paris/New York ou toute autre liaison nord atlantique. Finie alors la vache à lait américaine ! Le Qatar très présent en France n'aura pas de mal pour avoir ces autorisations. C'est juste une question de temps.
Si monsieur de Juniac ne réussit pas à relever Air France, la compagnie sera très vite dans les mains d'Etihad !
Cgar