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Mardi 31 Mai 2011

Les contrôleurs doivent faire du chiffre à la SNCF


Les contrôleurs SNCF seraient soumis à des objectifs chiffrés durant leurs contrôles, c’est en tous cas ce qu’affirme le Parisien dans son édition du 31 mai. Le quotidien s’appuie sur un document interne, où il est explicitement demandé aux contrôleurs d’atteindre «quatre affaires par jour». Les objectifs vont plus loin, et demandent aux agents d’encaisser davantage de paiements directs, à bord du train. Avec les dérives collatérales que cela implique.



Les contrôleurs doivent faire du chiffre à la SNCF
La compagnie ferroviaire conteste les informations du Parisien, mais les détails fournis par le journal sèment le doute chez les voyageurs. Le quotidien dit s'appuyer sur une "note confidentielle" adressée en avril à tous les agents de la direction d’un établissement commercial train. Les contrôleurs seraient expressément invités à atteindre 50 euros au moins par jour, en encaissant directement 41% des PV.
Les informations vont faire débat, même si la levée de bouclier face à ces objectifs relève d’une certaine hypocrisie. Les contrôleurs évoquent en effet une "règle officieuse", des consignes orales, en vigueur depuis plusieurs années. En tout état de cause, on pouvait effectivement supposer que la politique de lutte anti-fraude sur laquelle la SNCF a décidé de mettre l'accent allait passer par de telles incitations aux résultats.
Mais l'affaire prend une autre ampleur quand l'on s’attarde sur les effets pervers du système : les gratifications accordées aux "bons élèves" pourraient ainsi atteindre jusqu'à 400 euros supplémentaires par mois, et même jouer sur l'avancement. Dès lors, les contrôleurs seraient tentés de miser sur les amendes "rentables", qui passent par des paiements directs, et laisser passer des fraudes moins intéressantes. La politique du chiffre aboutirait ainsi à des contrôles à deux vitesses, dont le voyageur ne sort pas gagnant, ni la SNCF grandie.
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1.Posté par PAT le 01/06/2011 19:50
Tempête dans un verre d'eau ? Utilisons alors la méthode Pepy : dire ce qu'on fait et pourquoi on le fait, sans chercher à le justifier.

D'abord, oui de tout temps les contrôleur ont été en partie rémunérés sur les encaissements et avis d'infraction (non encaissés directement) qu'ils dressent à des voyageurs sans billet ou sans billet valable (réduction non justifiée par exemple). Ce n'est pas caché. C'est dans le barème de rémunérations de la SNCF parmi les quelque 200 primes qui existent (non, non ne cherchez pas la prime charbon ! mais celle d'encaissement, complexe ou simple (sic), oui... ; le barème est fait pour que l'encaissement direct soit mieux rémunéré qu'un avis d'infraction au sort juridique incertain et qui engage de lourdes charges de traitement à tel point qu'une infraction peut coûter plus cher à l'entreprise que ce qu'elle n'encaisse).

A côté de ça, l'entreprise pratique maintenant du management par objectif. Et les collectifs de travail (les équipes) peuvent donc se partager une prime variable en fonction de l'atteinte d'objectifs qualitatifs et/ou quantitatifs. 60 % de la prime est collective et 40 % repose sur une contribution individuelle aux résultats atteints par l'équipe. Cela peut certes faire 300 ou 400 € par tête de pipe si tous les objectifs sont atteints (en général il y en a 4) mais pas tous les mois ! Une fois par an seulement lors des entretiens professionnels individuels d'appréciation et d'évaluation. C'est aussi là que se décide en partie le déroulement futur de carrière, une grande partie de celui-ci n'étant pas à l'ancienneté mais en fonction d'une note professionnelle et de la définition d'aptitudes au grade supérieur (ce que les cheminots appellent entre-eux du "choix"). Il est donc sans doute inévitable qu'un contrôleur qui ramène des affaires finisse par être mieux noté. A condition que les affaires qu'il ramène ne créent pas trop de problèmes (réclamations), témoignant d'un excès de zèle qui en réalité n'est pas du tout encouragé (bien que les contrôleurs aient beaucoup de mal avec le discernement, comme tous les métiers d'autorité).

La prime sur les régularisations (quelques centimes d'euros) sur chaque régularisation immédiate ou procès-verbal d'infraction est par contre permanente et fonction de l'activité d'un contrôleur. Elle est très diverse d'un contrôleur ou d'une ligne à l'autre mais avec 15 % de fraudeurs estimés, normalement un contrôleur qui contrôle tombe bien sur deux ou trois voyageurs sans billet ou sans billet valable sur un parcours de plusieurs centaines de kilomètres. Il pourrait d'ailleurs en trouver plus s'il n'avait que ça à faire à bord d'un train (les fonctions de sécurité et d'assistance sont prioritaires). Disons qu'un contrôleur moyen touche une centaine euros par mois à ce titre.



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