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Dimanche 8 Mars 2015

Les femmes sont plus inquiètes dans les transports que les hommes



A l'occasion de la journée de la femme, le secrétariat d’État chargé des Transports a présenté une étude exploratoire sur les violences faites aux femmes dans les transports collectifs. Elle montre que les passagères ont plus peur que les hommes. Plusieurs pistes d'actions ont été proposées pour rendre leur voyage plus sûr et serein.



L'étude a été établie en suivant une approche quantitative et qualitative. Elle révèle que les femmes sont surtout agressées dans les bus et bus scolaires alors que les hommes rencontrent principalement des problèmes dans les trains. Pour les autres modes (tramway, métro/RER), la part est assez semblable.

Si les voyageuses sont moins victimes d’atteintes à l’intégrité physique que les hommes, le sentiment d’insécurité qu’elles éprouvent est nettement plus important. Selon l’enquête CVS de 2011, seulement 48 % des femmes déclarent se sentir toujours en sécurité dans les transports alors que le taux est de 62 % pour les hommes. «Ce sentiment d’insécurité exprimé par les femmes peut s’expliquer par le harcèlement quotidien qu’elles subissent, la drague insistante ou les commentaires sexistes qui échappent aux recensements statistiques. Ces faits, qui renforcent leurs inquiétudes, provoquent chez elles des réactions de vigilance ou d’évitement», explique le communiqué du secrétariat d’État chargé des Transports. En effet, les usagères ont tendance à contourner les lignes de transport qu’elles estiment dangereuses, évitent de voyager seules la nuit ou adaptent leur tenue vestimentaire.

Des marches exploratrices et de la prévention pour améliorer la sécurité
L'étude propose plusieurs pistes d’actions pour rendre l'expérience plus agréable et sûre pour les passagères. Elle préconise entre autres le développement des marches exploratoires sur la sécurité des femmes dans les transports, concept né au Canada il y a 25 ans et mis en place dans de nombreux pays. «Cette démarche repose sur l’action participative de groupes de femmes qui parcourent un secteur donné afin d’identifier les espaces générateurs d’insécurité. Un rapport d’enquête rassemblant les recommandations faites par ces femmes est ensuite transmis aux pouvoirs publics».
Le rapport recommande également le lancement d'opérations de sensibilisation au harcèlement sexuel et aux comportements sexistes intimidants auprès des voyageurs et des plus jeunes, sous forme d’interventions dans les établissements scolaires ou de campagnes de communication dans les transports.
Le groupe de travail sur les violences faites aux femmes dans les transports, lancé lors de la réunion du Comité national de la sécurité dans les transports en commun (CNSTC) du 16 décembre 2014, étudie actuellement ces propositions. Réunissant le ministère de l’Intérieur, le secrétariat d’État chargé des Droits des femmes, le secrétariat d’État chargé des Transports, les opérateurs de transports ainsi que les représentants des autorités organisatrices des transports, il présentera ses conclusions à la fin du premier semestre 2015.