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Les hôtesses de l'air peuvent porter une croix, selon la Cour européenne


La Cour européenne des droits de l’Homme a estimé, le 15 janvier 2013, qu’une hôtesse catholique de British Airways avait été victime de discrimination. En 2006, elle avait été mise a pied par la compagnie après avoir refusé d’enlever la croix qu’elle portait au tour du cou.



Les hôtesses de l'air peuvent porter une croix, selon la Cour européenne
En 2006, une hôtesse de British Airways avait été mise à pied par sa hiérarchie pour avoir refusé de passer sa croix chrétienne sous le chemisier de son uniforme. Quelques semaines plus tard et pour résoudre le conflit, la compagnie lui avait proposé un emploi administratif où elle ne porterait pas d’uniforme et pourrait arborer un signe religieux si elle le souhaite. Mais l’employée a refusé la proposition et a saisi la justice. Les tribunaux britanniques l'ayant déboutée, elle a porté l’affaire devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) qui lui a donné raison. «La Cour conclut que les autorités n’ont pas ménagé un juste équilibre entre, d’une part, le désir de la requérante de manifester sa foi et de pouvoir la communiquer à autrui et, d’autre part, le souhait de son employeur de véhiculer une certaine image de marque (quelle que soit par ailleurs la légitimité de cet objectif). D’ailleurs, avant la requérante, d’autres employés de British Airways avaient été autorisés à porter des vêtements religieux tels que le turban ou le hijab sans aucun effet négatif sur l’image de marque et la réputation de cette société», justifie le tribunal. L’employée, qui avait réintégré l’entreprise en 2007 lorsque le transporteur a modifié sa politique vestimentaire, recevra du Royaume-Uni «2 000 euros au titre du dommage moral et 30 000 € pour frais et dépens».
Dans son arrêt, la Cour européenne a cependant appelé à la prudence : elle a rappelé que, si "le droit de manifester sa religion sur le lieu de travail est protégé", il doit cependant "être mis en balance avec les droits d'autrui". Au nom de ce principe, trois autres requérants britanniques ont été déboutés, dont une infirmière. Sa direction avait avancé le risque de contact du pendentif avec des blessures ouvertes ou de lésions si un patient tirait dessus, un motif "autrement plus grave" que l'image de marque de British Airways, a souligné la Cour de Strasbourg.