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Mardi 6 Mars 2012

Les pilotes et les cheminots US ne dorment pas assez



Les pilotes et les cheminots américains manquent chroniquement de sommeil. Cet état joue sur leur performance professionnelle et peut aller jusqu’à provoquer des accidents. C’est le constat inquiétant que la National Sleep Foundation (NSF) a fait lors de son étude Sleep in America 2012.



Virginie Valdois
Virginie Valdois
Si les cadres voient leur vie privée impactée par leur vie professionnelle, les pilotes et les conducteurs de train se laissent bouffer leur sommeil par le travail. Selon une étude de la fondation américaine du sommeil, National Sleep Foundation (NSF), 23 % des navigants reconnaissent que la fatigue et le manque de sommeil perturbent leur performance pendant un vol au moins une fois par semaine, alors que le taux est de 17 % pour les salariés d’autres secteurs que le transport. Plus inquiétant, 1 sur 5 attribue une grave erreur commise pendant un trajet à un état de somnolence. Les nuits ne sont pas plus tranquilles pour les conducteurs de train. 26 % reconnaissent se sentir fatigués pendant leur service et 18 % avoir failli faire une faute due à leur état.
Ces résultats s’expliquent par la qualité de leur sommeil : près des deux tiers des cheminots (57%) et la moitié des pilotes (50%) disent ne jamais ou rarement passer une bonne nuit pendant leur activité, comparativement 44% des chauffeurs de camion et 42 % des salariés (hors secteur du transport) ont tenu des propos similaires. Leur incapacité à se laisser tomber dans les bras Morphée aurait pour origine leurs horaires aléatoires. Seulement 6 % des pilotes et 47 % des cheminots ont un planning identique tous les jours. La majorité d’entre eux ont donc leur horloge biologique complètement bousculée par leur vie professionnelle. Et si les deux corps de métiers parviennent à amener leur machine à bon port (ou plutôt au bon aéroport et à bonne gare), les professionnels du transport courent encore des risques en rentrant chez eux. 6 % des salariés interrogés ont indiqué avoir eu un accident de voiture car ils s’étaient endormis au volant, soit six fois plus que le taux global.
Décalage horaire, travail très matinal ou de nuit, pression, vols long-courriers… le manque de sommeil des pilotes a déjà posé question. L’ University College London avait pointé du doigt cette problématique chez les pilotes anglais dans un rapport publié en avril dernier.