Dimanche 9 Septembre 2012

Les transporteurs européens en grande difficulté


Décidément, la rentrée est morose pour le transport aérien européen. Nous sommes en train de payer durement les absences de décisions et les atermoiements des mois, voire des années passées. Après les difficultés énormes auxquelles le groupe Air France/KLM est confronté, après les annonces dramatiques faites par Willie Walsh le patron d’ IAG vis-à-vis de sa filiale Iberia, viennent maintenant s’ajouter les conflits sociaux à Lufthansa.



Les transporteurs européens en grande difficulté
Nous n’étions pas habitués à voir les allemands se mettre en grève. D’habitude les négociations précèdent et le plus souvent résolvent les conflits latents. Il faut croire que la situation est devenue très difficile car cela n’a pas été le cas. Et les PNC de la compagnie allemande sont entrés dans une phase dure. Cela ne va certainement pas faire les affaires du transporteur allemand dont les résultats du début d’année sont pour le moins peu encourageants.

Si on fait le bilan du transport aérien européen, les difficultés touchent pratiquement tout le monde à la notable exception de Turkish Airlines et peut être d’Aéroflot. Voilà un retournement de situation qui était très difficile à prévoir. Cela signifie que c’est tout le modèle européen qui est touché. Celui-ci s’est construit sur la base de compagnies vieillissantes protégées par leurs gouvernements et pas adaptées à affronter une concurrence qu’elles n’ont pas vu venir. Pendant des années elles ont construit leur économie en » rackettant », le mot n’est peut-être pas trop fort, leur clientèle affaires sur leur réseau court/moyen courrier. En fait leur expansion internationale développée à partir de «hubs» a été payée par les utilisateurs européens peu concernés par ce mode d’exploitation. Le camouflage de cette situation par l’utilisation des «miles» a pu faire illusion pendant quelques années. Ce n’est plus le cas maintenant.

Il faut faire face à la réalité. Le modèle européen traditionnel est mort. Alors la question est : comment les transporteurs actuels vont-ils ou peuvent-ils s’adapter et tout simplement modifier en profondeur ce en quoi ils ont cru jusqu’à présent ? Ils ne pourront certainement pas baisser leurs coûts au niveau de leurs concurrents «low cost». Leur cohésion sociale n’y résisterait pas. Ils ne pourront pas non plus couper des pans entiers de leur exploitation car sauf à tuer les «hubs» qu’ils ont construits au fil des années. Leur système repose encore beaucoup sur un trafic de correspondances qui leur coûte d’ailleurs une fortune. Ils vont certainement finir par s’apercevoir que les alliances leur coûtent finalement plus qu’elles ne leur rapportent. Seulement il ne sera pas facile de détricoter ce maillage complexe qu’ils ont construit.

Le futur est sombre, les liquidités s’amenuisent partout. Toute mesure forte prise pour redresser leur situation économique sera forcément accompagnée de conflits qui aggraveront encore la situation pour des résultats qui prendront beaucoup de temps avant de devenir significatifs. Oui l’analyse ne porte pas à l’optimisme.

Finalement il ne peut pas y avoir une seule solution pour résoudre une situation si difficile. Il faudra mettre en œuvre un semble de mesures cohérentes. Sauf qu’on ne voit pas un plan d’ensemble se dessiner. Il est clair que les clients ne paient pas un prix moyen suffisant élevé pour couvrir les charges du transport aérien. Voilà la base de tout. Comment reconquérir un prix de vente convenable, là est toute la question. La conquête effrénée de parts de marché sur les voisins est suicidaire. La recherche de recettes complémentaires par des artifices plus ou moins visibles ne peut être que marginale. Il faut retrouver un mécanisme qui tire les recettes par le haut au lieu de continuer à les faire effondrer.

Pour cela, je ne vois qu’une stratégie. D’abord mettre le produit des compagnies traditionnelles au-dessus de celui de leurs concurrents «low cost». Et ensuite retrouver une collaboration fructueuse avec les agents de voyages, les seuls au fond, capables de tirer les tarifs vers le haut… à la condition expresse qu’ils y aient un intérêt.

Encore faudrait-il que le transport aérien, dans son ensemble, ne considère pas les agents de voyages comme un mal nécessaire, mais comme des partenaires sérieux. Cela passe par une nouvelle relation avec le «governing body» de la profession, j’ai nommé IATA.

Grands enjeux, n’est-il pas ?

Jean-Louis BAROUX





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