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Lion Air se pose en mer et inquiète les experts


En mars, Lion Air faisait les gros titres pour avoir passé une commande record chez Airbus. Ce week-end, elle a été présente dans les média pour un événement qui aurait pu être tragique : un avion a atterri... dans la mer, à 500 mètres du bout de piste, ce 13 avril. Si heureusement aucune victime n’est à déplorer parmi les 108 personnes présentes, le monde aérien s’interroge sur la sécurité de cette compagnie déjà sur la liste noire européenne.



Lion Air se pose en mer et inquiète les experts
Après avoir longuement pensé que le Boeing 737-800 de la compagnie aérienne indonésienne Lion Air était tombé dans la mer en bout de course, les enquêteurs ont du reconnaître qu'en fait l'appareil s'était tout bonnement posé 500 mètres trop tôt, en mer. Les données enregistrées par les radars de l'aéroport de Denpasar confirment une approche normale, mais à un taux de descente de 700 pieds/minutes au lieu de 200 pieds/minutes. Une première hypothèse évoque un éventuel "microburst", une "avalanche d'air". C'est en tous cas un atterrissage raté et les experts du monde aérien y voient une conséquence inquiétante de la croissance importante de la compagnie indonésienne qui a commandé au cours de ces 16 derniers mois : 234 Airbus A320 et 230 Boeing 737. «La sécurité peut en effet être mise en danger, quand une compagnie a le regard trop fixé sur la croissance et sur la réduction des coûts, en particulier pour les compagnies à bas prix», explique ainsi Daniel Tsang, analyste chez Aspire Aviation, interrogé par l’AFP. La compagnie placée sur liste noire en Europe a connu 6 accidents entre 2004 et 2006 dont l’un avait fait 26 morts en décembre 2004. Si les causes de celui du 13 avril ne sont pas encore connues, les spécialistes se montrent surtout inquiets face à la qualification et la formation des pilotes. Compte tenu du boom du trafic aérien, les transporteurs ont des difficultés à trouver des navigants expérimentés. D’ailleurs de nombreuses compagnies asiatiques viennent recruter parmi les pilotes européens pour faire face à leur besoin. «Toutes les compagnies (indonésiennes) ont le même problème: employer des équipages suffisamment compétents», confie Tom Ballantyne, correspondant en chef du magazine hong-kongais spécialisé Orient Aviation à l’AFP. «Il y a beaucoup de concurrence entre les compagnies pour avoir des pilotes, pour des ingénieurs de maintenance», ajoute t-il. Pour Waman Mulyawan, de l'Université d'Indonésie, cet accident de Lion Air «n'est que la pointe de l'iceberg». Il ajoute «Les pilotes sont épuisés jusqu'à la corde et surexploités et cela pourrait devenir un problème de plus en plus grave à mesure que les compagnies connaissent une croissance rapide sans pour autant que le nombre de personnels navigants suffisamment qualifiés soit suffisant», «Si le nombre de pilotes ne peut pas augmenter au même rythme que le nombre d'avions, nous pouvons nous attendre à des cas encore plus graves à l'avenir. C'est une bombe à retardement».