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Lufthansa mise sur la qualité, Eurowings et le wifi


Mise en place de la taxe GDS, finalisation de l'installation des nouvelles cabines, nouvelle organisation, lancement d'Eurowings... Lufthansa ne manque pas d'actualités en cette rentrée 2015. Une semaine avant le salon IFTM Top Resa, le groupe allemand a réuni la presse pour faire le point sur sa stratégie, ses ambitions et sa présence dans le ciel français.



Crédit : Jens Goerlich/Lufthansa
Crédit : Jens Goerlich/Lufthansa
Martin Riecken, Directeur Group Communications Europe l'a reconnu dès le début de la conférence de presse "Beaucoup de choses se sont passées ces dernières semaines". Comme par exemple l'annonce d'une nouvelle organisation pour le groupe, mise en place à partir du 1er janvier 2016. Selon le responsable, elle permettra à la holding de s'appuyer sur deux piliers : celui des compagnies classiques (Lufthansa, Swiss et Austrian) et celui de sa marque low-cost Eurowings.

Lufthansa mise sur la qualité
Steffen Weinstok, directeur Général France & Benelux, "Pour les compagnies traditionnelles, la seule façon de réagir face à la concurrence du Golfe c'est la qualité, la qualité, la qualité". La compagnie allemande mise ainsi sur ces nouvelles cabines, maintenant présente sur l'ensemble de sa flotte long-courrier Il ajoute "On veut être la première compagnie européenne à atteindre les 5 étoiles Skytrax pour tous nos produits. A la fin, c'est la qualité qui nous permettra de convaincre les passagers de monter dans nos avions". L'entreprise ne compte pas uniquement se reposer sur ses nouveaux sièges: "L'innovation continue tous les jours : on a par exemple lancé en août le service individuel des repas – et non en chariot - en Business. C'est une petite innovation mais elle permet de faire la différence", assure-t-il.

Le travail effectué sur la montée en gamme semble d'ores et déjà porter ses fruits. Alors que le trafic reste stable en France, le chiffre d'affaires First sur la France a grimpé de 20% sur les 12 derniers mois. Ce produit a surtout séduit les passagers niçois. Ils représentent 40% des ventes First. La province reste, en effet, une cible majeure de la compagnie: "Nous sommes une vraie alternative en région où il y a une absence de long-courriers", assure le directeur général France et Benelux. Le trafic corporate se montre également stable. Les entreprises toujours attentives aux dépenses cherchent encore les économies lors de leurs déplacements professionnels. Ainsi, la société le reconnaît, les possibilité de croissance viennent surtout du secteur Loisir. D'ailleurs la Premium Economy - pensée pour les voyageurs d'affaires – a plutôt séduit les clients privés à la recherche de confort.

Wifi sur les court et moyen-courriers à l'été 2016
Steffen Weinstok le martèle: "L'innovation est un travail quotidien. C'était notre marque de fabrique par le passé – nous avons par exemple été les premiers à lancer des billets économiques – Notre objectif est de reprendre une position forte sur l'innovation. Nous nous étions peut-être un peu trop reposés dans ce domaine à une certaine période". Ce regain d’intérêt pour les nouveautés se traduit par l'installation d'un accès Internet à haut débit sur les vols court et moyen-courriers.

Dès le début de l’été 2016, les passagers des liaisons européennes et domestiques pourront communiquer et utiliser Internet à bord. Basé sur une technologie satellitaire à haut débit appelée «Inmarsat Global Xpress network» (Ka-band), le service ne se limitera pas à la lecture des mails, il permettra aussi d’accéder à des applications sophistiquées et même à des vidéos en streaming.
De plus, les voyageurs d'affaires pourront aussi utiliser leurs téléphones portables pour envoyer et recevoir des SMS et transférer des données. "Les appels téléphoniques à bord ne seront, en revanche, toujours pas autorisés, en raison de l’opposition de nos clients", prévient la compagnie.

Eurowings : future source de croissance
Outre la recherche de la qualité et de l'innovation, la stratégie du groupe repose sur le développement d'Eurowings, second pilier de la nouvelle organisation. Face à la concurrence des low costs, le directeur France et Bénélux considère que "Il reste peu de ligne en Europe que Lufthansa pourrait desservir avec un résultat positif". C'est ici qu'Eurowings, basée à Bonn/Cologne, interviendra. Ainsi cette marque low-cost pensée pour offrir plusieurs plates-formes de développement, assurera des lignes points à points européennes et certaines liaisons internationales: "Les correspondances dépendront en fait du hasard. Par exemple, il n'y a pas de Paris – Cologne donc il n'y aura pas de correspondance possible avec les vols long-courriers". Il ajoute : "L'objectif n'est pas de créer un trafic en transfert. Maintenant dans la réalité, on sait que cela va arriver car les passagers trouvent des chemins même si les compagnies derrière n'ont pas en tête de créer ce trafic". Le groupe allemand croit en cette nouvelle marque à qui elle offre beaucoup de liberté d'action. "Lufthansa et les compagnies traditionnelles auront un rôle à jouer dans la croissance du groupe , mais dans les années à venir elle aura principalement lieu sur la marque Eurowings", ajoute Martin Riecken.
Les premières destinations internationales d'Eurowings qui prendra son envol le 25 octobre seront Dubaï puis Bangkok, Phuket, Varadero et Punta Cana.

La taxe GDS n'a pas d'effet sur les ventes
Lufthansa a mis en place une surcharge sur les réservations effectués via les GDS de 16€ le 1er septembre dernier. Si elle a été très décriée par les acteurs du tourisme, Steffent Weinstok assure: "Nous n'avons pas observé d'impact sur les ventes. Elles sont stables". Le transporteur a une nouvelle fois défendu sa position lors de la conférence. Si l'entreprise reconnaît que les GDS sont des outils fantastiques pour les agences, cette solution - plus coûteuse que les canaux directes - présente des limites pour les compagnies aériennes. Selon elle, elle n'est pas assez souple dans la prise en charge des options et services. "Nous sommes en train de créer de nouveaux produits comme le wifi à bord. Nous voulons donc une plate-forme qui permet de vendre tous les produits qu'on offre". Lufthansa compte en effet miser sur les services additionnels pour améliorer ses résultats. "Nous pourrions par exemple proposer aux passagers pressés un parking juste à côté du terminal plutôt qu'un accès au salon où il n'a pas le temps de se rendre. Ou alors au contraire, il devrait être possible de proposer à un passager pour les Maldives qui a une correspondance de 4 heures un accès au salon. Ce ne sont pas des produits qu'on a aujourd'hui mais ce sont des projets sur lesquels on travaille afin d'avoir la possibilité d'adapter notre offre aux besoins des clients. Pour cela il est important d'avoir les bons outils", conclut-il.