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Lundi 6 Juin 2011

Menacé par la Chine, Airbus rejoint la fronde contre la taxe carbone



Les rangs des opposants au projet européen d’un système d’échange des quotas d’émission (ETS) se grossissent chaque semaine. Airbus vient de rejoindre le mouvement de protestation emmené par les Etats-Unis et la Chine, en fustigeant un système qui pénaliserait le constructeur et les compagnies aériennes. Le projet européen, prévu pour 2012, semble lâché au sein même de l’Europe.



Menacé par la Chine, Airbus rejoint la fronde contre la taxe carbone
«Un système qui ne fait pas l’unanimité» : ce doux euphémisme pourrait résumer la situation. Les États-Unis avaient été les premiers à monter au créneau. L’IATA avait rapidement fait connaître son opposition au projet ETS , et n’a pas manqué de rappeler sa position cette semaine lors de sa réunion annuelle à Singapour. Enfin, la Chine avait plus ou moins ouvertement menacé l’Europe de mesures de rétorsion en cas d’application du projet. Des représailles qui s’apprêtaient justement à viser une certaine entreprise nommée Airbus.
L’avionneur européen semble bien avoir pris la menace au sérieux. Selon le Financial Times, son Président Thomas Anders a d’ailleurs manifesté ses réticences par courrier à Connie Hedegaard, la Commissaire européenne en charge du Climat, le 24 mai dernier. La lettre, cosignée par Steve Ridgway, Directeur de l’Association européenne des compagnies aériennes, indique ainsi : «Si l’UE met en place ses projets, la Chine a déjà annoncé son intention d’appliquer des représailles contre l’aviation européenne». Les deux responsables soulignent que «Les compagnies européennes et Airbus apparaissent comme des cibles (…) Nous ne pouvons pas nous exposer à un conflit commercial de cette ampleur». La réponse de Connie Hedegaard, relayée par le Financial Times, se veut ferme. Pour la Commissaire européenne en charge du Climat, pas question de faire marche arrière, et encore moins de céder aux pressions de la Chine. «C’est aux Européens de décider de la législation européenne», rappelle-t-elle. «Où en serions-nous si, chaque fois que nous mettions en place une législation en Europe qui déplaise aux Chinois, nous devions la modifier ? Je pense que cela ne serait que le commencement».