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Ne plus jamais laisser un avion disparaitre


Alors que des avions et des navires sillonnent la zone supposée du crash du vol MH370, l’Iata s’agace. L’Association internationale du transport aérien souligne que les moyens techniques pour mieux suivre les avions existent, et elle veut tirer toute les leçons de la tragédie. Quitte à oublier qu’elle l’a déjà dit après la disparition du vol AF447.



Trois semaines après la disparition du vol de Malaysia Airlines, les autorités en sont toujours à envoyer des avions et des bateaux en exploration sur une zone supposée. Après la tragédie de l’AF447, de nombreux experts avaient souligné que la durée d’émission des boites noires était trop courte et les systèmes de transmission trop fragiles. Une nouvelle tragédie, un même constat : toutes les leçons du précédent crash n’ont pas été tirées, oubliant que les avions survolent souvent plus de mer que de terre sur les vols longs courriers, oubliant la douleur des familles et l’impossible deuil. Deuil d’autant plus difficile que les premiers jours de cette disparition nouvelle, du temps a été perdu autour des passeports volés, prêtant à toutes les supputations et aux thèses les plus farfelues.

Aujourd’hui Iata met donc en cause le contrôle des passeports. A l’occasion d’une conférence de presse à Kuala Lumpur, Tony Tyler a expliqué que la vérification des passeports était «la responsabilité bien établie des gouvernements». Pour lui, «Il est important de rappeler que les compagnies aériennes ne sont pas des gardes-frontière ou des policiers». Certes. Mais quand il affirme que la tragédie illustre tragiquement la nécessité d'un meilleur suivi des avions pour les vols commerciaux, il oublie que son prédécesseur à la tête d’Iata avait dit la même chose. Et qu’Iata, c’est précisément la voix et l’organisation des compagnies elles mêmes qui, pour des raisons de coûts, n’ont mis aucune solution de repérage en place pour se substituer aux transpondeurs ou autres moyens actuels de communication.

Aujourd’hui, les experts en aviation estiment que le mystère du vol MH370 pourrait amener à une transformation profonde de ces questions. La balle est à nouveau dans le camp de Iata… qui devra donner des directives à faire suivre par ses propres membres. Sans se cacher derrière les Etats.

Hélène Retout

Jeudi 3 Avril 2014


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