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Jeudi 2 Février 2012

Pour Euler Hermes, 2012 sera une année difficile pour l’aérien



Tout comme IATA, l’assureur Euler Hermes reste pessimiste sur les évolutions du transport en 2012. Pour Bruno Goutard, à l’origine de l’étude annuelle sur l’aéronautique, si les avionneurs vont tirer leur épingle du jeu, les compagnies aériennes, elles, devraient rester dans le rouge avec une vision limitée sur le moyen terme.



Premier constat de l’analyste, le trafic aérien devrait poursuivre son ralentissement avec une hausse limitée en 2012 à 3% contre 4 en 2010. Les capacités restent supérieures à l’offre et la bataille tarifaire devrait tout naturellement se poursuivre, pénalisant ainsi les revenus des compagnies. Cette vision mondiale de la firme d'assurance crédit Euler-Hermes n’épargne pas l’Europe. A continent en crise, transporteurs en berne, tel pourrait être la conclusion de l’étude qui souligne que «Les compagnies européennes seront à l’épicentre du ralentissement économique mondiale». Euler Hermes reste persuadé que les restructurations iront bien au-delà de ce qui est aujourd’hui annoncé, confortant ainsi la vision de Siim Kallas, Vice-Président de la commission européenne, en charge des transports, qui souligne que «Le besoin des compagnies de revenir à des valeurs économiques saines est prioritaire». Comme beaucoup de spécialistes, Bruno Goutard se demande quelles seront les conséquences d’une possible reprise d’American Airlines par Delta, partenaire européen d’Air France/KLM. Cette situation de monopole pourrait bousculer les résultats de British Airways et de la Lufthansa. Et notre homme de l’art de préciser : «Si Delta reprend American Airlines, elle sera en situation de monopole sur l’Atlantique nord et devra sortir de l’alliance SkyTeam, laissant Air France sans partenaire sur ces routes stratégiques. Ce sera l’inverse pour Lufthansa si US Airways reprend American Airlines». Enfin, Euler Hermes analyse la montée en puissance des pays du Golfe qui investissent massivement en Europe. Il ne néglige pas le scénario qui verrait l’arrivée du Qatar dans le capital d’une "major européenne" (pourquoi pas Air France ?).