Deplacements Pros, le quotidien du business travel, du voyage d'affaires et des déplacements professionnels


Prendre encore l’avion ?




Pressurées par les difficultés économiques et douées d’imagination, les entreprises avaient trouvé des solutions alternatives et technologiques pour limiter leurs déplacements professionnels de 2001 à 2004. Euphorie aidant, les voyageurs d’affaires ont depuis repris le chemin des gares et des aéroports, et les compagnies aériennes se frottaient les mains depuis deux ans. Mais il n’est pas certain que la croissance perdure…

«Voyagez tant que vous pouvez maintenant car le coût des voyages en avion va devenir exorbitant !», déclarait cette semaine, dans Libération, Edouardo Lopez qui est Analyste senior de la demande pétrolière au sein de l'Agence internationale de l'Energie. Un monsieur qualifié pour commenter un pétrole qui a dépassé cette semaine de nouveaux records, à 108 dollars le baril. Avec la demande de l’Asie et la spéculation sur les matières premières, ce n’est pas demain que cela va se calmer… et que les surcharges carburant vont disparaître du prix des billets d’avion !

Pour l’heure, nous voyageons encore, le trafic aérien a augmenté de 4.3% de Janvier, derniers chiffres officiels. Mais c’était la croissance la plus faible depuis 2003 (Sras) après une augmentation solide du trafic de 7,4% pour l’année 2007. Et le ralentissement économique mondial annoncé va sans doute encore calmer la demande. Surtout qu’il n’y a pas que le pétrole pour faire monter les prix des billets d’avion : Iata, l’Association des compagnies aériennes, ne décolère pas contre la décision de l'autorité de l'aviation civile britannique d'autoriser une hausse des prix de… 50% entre 2008 et 2013 sur les aéroports londoniens. Vous avez bien lu : 50% ! Quelle autre industrie pourrait donc ce permettre une telle augmentation ? Quand on pense que les compagnies pleuraient pour une hausse de 6% autorisée à Paris…

L’aéroport d’Heathrow va inaugurer, jeudi prochain, son tout nouveau Terminal 5 tant attendu pour décongestionner la plate-forme. Mais poser une roue sur le tarmac va bientôt coûter si cher aux compagnies que le prix des billets pour Londres risque fort de s’envoler ! Voilà qui va sans doute inciter les transporteurs à changer de hub, et Paris ou Amsterdam vont sans doute en profiter. Du moins s’il y a encore des voyageurs. Parce qu’avec tous ces facteurs de hausse, les entreprises vont peut être se tourner à nouveau vers la vidéoconférence… Alors redisons le avec Edouardo : « Voyagez tant que vous pouvez maintenant ! »

Annie Fave

Vendredi 21 Mars 2008


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