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Quand Air France fait du Buzz autour de ses futurs projets




Il fallait avoir l'esprit bucolique pour aller planter un « projet mimosa » sur la Côte d'Azur. En cette période qui voit fleurir la célèbre fleur jaune, la publication par la Tribune d'un projet de développement, par Air France, d'une base Low Cost sur l'aéroport niçois a bousculé le monde de l'aérien. Et si tout cela n'était au final qu'une méthode intelligente pour tester en interne les révolutions qui s'annoncent ?

Mimosa, donc. L'idée serait d'utiliser la filiale Transavia d'Air France, créée sur un modèle low-cost de coûts d'exploitation, pour créer une base à Nice et desservir la Méditerranée. Voire d'utiliser la même compagnie pour des vols domestiques, en remplacement de Britair et Regional. Il y a trop de têtes bien faites chez Air France pour croire qu'une fuite va bousculer un programme de réflexion débuté en septembre dernier, et dont la finalité a clairement été exprimée par le président de la compagnie : des économies de fonctionnement sur le moyen et le court-courrier pour soutenir un développement accru à l'international. La refonte des différentes classes, l'intégration d'une Premium, les informations qui circulent sur la nouvelle classe affaires qui sera intégrée avant la fin de l’année… Ne sont que les prémices d'une évolution, voire d'une révolution que Jean Cyril Spinetta avait engagée. Faut-il faire payer les services à bord ? Doit-on densifier les appareils sur les moyens courriers ? Faut-il repenser les lignes actuellement exploitées ? Comment augmenter les recettes à bord ? Le nombre de questions actuellement en suspens chez les responsables d'Air France dépasse l'entendement. Et tout cela, n'est pas simplement fait pour les occuper un après-midi pluvieux de janvier. L'objectif est simple: vite, très vite, obtenir les réductions sensibles de coûts. Tout le monde le sait, le point noir de tous ces projets reste la case « personnel ». Du côté des navigants, les salaires sont sensiblement plus élevés que dans la concurrence. Idem d'ailleurs pour les hôtesses et le personnel de bord. Personne ne conteste réellement cette donnée même si toutes les équipes concernées expliquent que cette politique sociale, parfois achetée à prix d'or, est le prix à payer pour un qualité de service. Une explication qui ne convainc pas la concurrence qui démontre qu'à population identique, le coût d'exploitation de leur vol est inférieur de 20 % en moyenne.

On peut toujours discuter autour de ces chiffres, à condition bien sûr d'avoir un objectif clair et défini. Mimosa en est peut-être un même s'il est jonché d'embûches, de difficultés techniques et marketing voire d’oppositions fortes de la part du personnel. Toujours est-il qu'aujourd'hui, en interrogeant ci et là des sources dites « bien informées », on se rend vite compte que sans le soutien du personnel, toutes les modifications que souhaite mettre en place Air France risquent bien de rester lettre morte.
Aussi, quoi de mieux qu’une fuite savamment organisée, pour tester en situation la réaction de celles et ceux concernés par ces évolutions ?.

Marcel Lévy

Lundi 25 Janvier 2010


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