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Quand Hop! joue la montre !


En cette veille de grandes vacances, arrêtons nous un instant sur une aventure humaine menée par un équipage de la compagnie Hop!. Particularité : elle a regroupé des femmes, que des femmes, rompues à la navigation aérienne. Leur défi : remporter la prestigieuse Coupe Breitling 100/24. Elles nous racontent ici cette expérience unique.



Lionel Guérin, patron de HOP! entouré de l'équipage féminin de la 100/24
Lionel Guérin, patron de HOP! entouré de l'équipage féminin de la 100/24
Les 25 et 26 juin 2009, 12 pilotes se sont relayés pendant vingt-quatre heures aux commandes d’un monomoteur, pour effectuer un décollage et un atterrissage sur cent aérodromes différents en France métropolitaine. Le Défi 100/24 était né. En 2010, la coupe s’est ouverte au public, et plus de 60 pilotes ont participé à la compétition. En 2011, 14 équipages ont concouru, représentant, avec leurs équipes d’assistance, plus de 300 pilotes de toutes régions, et de tous profils, et près de 500 heures de vol. Ce qui fait de la Coupe Breitling 100/24 avec Vinci Airports la manifestation aéronautique française rassemblant le plus de participants. Cette année, la Coupe est parti de Clermont-Ferrand, pour se terminer à Villacoublay, accueillie par l’Armée de l’air. Alix, Amandine, Anne-Claire, Mélanie, Christine et Nathalie ont relevé le défi d'atterrir sur 100 aérodromes en 24h. Elles sont pilotes de ligne, pilotes d'aviation d'affaires, instructrices, voltigeuses et reviennent à leur première passion: l'aviation légère. Leur objectif lors du défi Breitling: se passer le "relai" entre amies et vivre une expérience aéronautique hors du commun. Un défi soutenu par Lionel Guérin, le patron de Hop!

Départ mouvementé: Des Nuages à l’Horizon

Lors de notre convoyage Paris-Clermont avant le début de la course, notre horizon artificiel, un instrument de bord indispensable pour le vol de nuit, tombe en panne. Dès notre arrivée, nous mettons en place une opération de maintenance efficace avec l’équipe technique de Hop Régional qui nous adosse, formidable et réactive. L’instrument de rechange est apporté à l’aube, le lendemain, mais notre déception est énorme lorsque l’équipe de mécaniciens constate que la vitre s’est brisée et donc l’instrument inutilisable.
Loin de nous laisser abattre, nous planifions une escale technique à Avignon. «Nous avons appelé Marco, à la maintenance HOP Régional. Il nous a dit que tout serait fait pour nous aider dans notre aventure. Sa motivation et sa bienveillance nous ont fait chaud au cœur. Quelle surprise lorsque nous avons vu débarquer quelques minutes plus tard à l’avion toute une équipe de mécaniciens souriants, motivés et réconfortants: bravo et merci! »

La Course: C’est Parti!

Amandine et Anne-Claire partent de Clermont avec 6 minutes de retard à la demande du contrôle aérien, et terminent cette première étape avec 5 grosses minutes d’avance sur nos horaires de passages programmés.

Quel bonheur! Dans les règles de l’art, nous effectuons successivement intégrations «standards» et touchés sur nos terrains choisis. D’autres avions dotés d’une vitesse plus rapide nous croisent et nous dépassent mais cela n’a pas d’importance: La Breitling 100/24 n’est pas une course de vitesse!
Notre route programmée nous fait voler 21h sur 24 et nous amène à Villacoublay avec plus d’une heure d’avance pour une distance initialement de 1600NM. Compte-tenu de prévisions météo défavorables à partir du milieu de la nuit sur le nord-ouest de la France, nous avons dès le matin pris la décision avec notre météorologue de modifier et reprogrammer notre route à partir de Rennes.

«Changement équipage à Pérouges: Alice et Mélanie redécollent vers Avignon. La région Lyonnaise, Chambéry, Grenoble, la vallée du Rhône, Carpentras, Aix, Marseille, Salon, nous enchaînons les touchés à un rythme très soutenu. Le mistral souffle fort, jusqu'à 35 kts en rafales. C'est sportif mais notre équipage est habitué à voler dans la région; nous gardons le rythme. Nous réussissons notre intégration et le touché au Mazet deRomanin, terrain difficile, sans aucun problème: grands sourires dans l'avion. Après l'atterrissage à Avignon, nous retrouvons le reste de l'équipe à l'atelier ATA Maintenance. Nous sommes dans les temps que nous nous étions fixés. Au terme de cette étape nous sommes mêmes très bien classées: nous avons le plus de touchés dans la distance la plus courte! Tout se déroule comme nous l'avions anticipé: l'avitaillement est rapide et la technique se met au travail.»


Aléas et Bonne Humeur indéfectible

Après les 45 minutes nécessaires afin de changer notre horizon artificiel à Avignon comme prévu, voilà notre troisième équipage fin prêt à partir. Une nouvelle panne lors du démarrage de l’avion nous oblige à effectuer à nouveau une intervention technique longue sur l’avion. Nous n’avons plus aucune marge, les 100 terrains vont être difficiles à faire mais nous gardons le moral et c’est avec détermination et les encouragements des autres équipières, que Nathalie et Aurélie se lancent pour la 3eétape.

Le vent fort anticipé en préparation est bien là et ne nous facilite pas la tâche. Notre retard pris à Avignon nous empêche de nous poser de jour dans le respect de la règlementation, sur plusieurs de nos terrains programmés. Notre panne revient, la nuit tombe, la décision est prise de rallier Bergerac pour effectuer une action de maintenance puis repartir pour le vol de nuit.
Malheureusement et malgré tous nos efforts, il ne nous sera pas possible de redécoller de Bergerac, le terrain fermant normalement à 22h, il est à présent 23h30.

«C'était les anniversaires d'Anne-Claire et d'Amandine ce jour-là, Benjamin, le contrôleur de la tour de Bergerac, nous a accueilli chaleureusement à la Tour avant de nous héberger pour la nuit, à 6, car aucune chambre d'hôtel n'était disponible pour cette escale improvisée. Que de souvenirs!»

Une arrivée perturbée par la météo

Nous reprenons la course à l’aube. Nous enchaînons les terrains en direction de Poitiers où l’équipage suivant s’est déplacé pour terminer la course.

A notre arrivée à Poitiers, le temps se dégrade localement, empêchant un nouveau départ immédiat. Finalement, les conditions s’améliorent suffisamment pour permettre à Alix et Christine de redécoller et tenter de rallier un premier terrain puis un second, mais la météo se dégrade à nouveau, et les règles de vol à vue, obligatoires et spécifiées --tant au niveau de la course Breitling que de la règlementation française –nous obligent à revenir à Poitiers.La pluie et les nuages bas s’installent définitivement. Notre retour vers Paris et la base de Villacoublay se fera… en voiture, comme les autres concurrents de la course.

C’est l’occasion de se raconter nos anecdotes survenues lors de la course et de se reposer. Nous attendons avec impatience de retrouver les autres équipes et l’organisation à Villacoublay.
La course a été belle, semée d’embûches pour notre équipe mais l’expérience est formidable et c’est avec un enthousiasme immense que nous participerons à l’édition prochaine.

«Quelle fierté d'avoir emmené cette équipe jusque-là! La bande de copines est devenue une équipe soudée dans la compétition. Professionnelles jusqu'au bout, portant dignement les couleurs de HOP!, chacune a gardé le moral et le sourire quelles que furent les difficultés.»


Quand Femin'Hop! raconte sa coupe

C'était notre première participation à la Coupe Breitling 100/24, face à d’autres équipes très expérimentées. Pour autant, nous avons abordé cette compétition avec les plus grandes ambitions.

Nous avons préparé la compétition pendant plusieurs mois avec le plus grand sérieux et la plus grande détermination. On ne peut pas toujours gagner, mais notre préparation se voulait irréprochable afin d'être dans les meilleures conditions possibles pour l'emporter.
Notre première place au classement (distance / nombre de terrains) avant la nuit a confirmé la validité de notre approche.

Nous étions prêtes à faire face aux aléas; notre équipe d’assistance au sol (routeur et météorologue) est restée mobilisée H24 pendant la course pour adapter la route en fonction de la situation –l’adaptabilité étant une des clés de ce défi. Dans toute compétition, la performance est liée à des aléas non maîtrisables; c’est encore plus vrai en aviation: l’impératif de sécurité ne permet pas de transiger avec des problèmes mécaniques. C’est donc la loi du sport, il faut savoir l’accepter. L'inacceptable aurait été de ne pas faire tout ce qui était possible dans la phase de préparation, de faire des compromis avec la sécurité, de baisser les bras devant l’adversité.

Nous sommes fières de notre préparation, fières de ne pas avoir été aveuglées par notre esprit de compétition au point de compromettre cet impératif de sécurité, fières de la solidarité de notre équipe, d’avoir toujours été de l’avant, d’avoir conservé en permanence une attitude positive à la recherche de la meilleure performance possible malgré les aléas. C’est tout cela qui fait la beauté de la Breitling 100/24, qui fait qu’une telle aventure mérite d’être vécue.

Il est important de tirer les leçons sur ce qui doit l’être afin de revenir plus fortes. C’est bien ce que nous avons l’intention de faire. Tous nos regards sont tournés vers l’édition 2014 de la Breitling 100/24.2