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Quand les entreprises verrouillent Facebook




Inutile de vous lâcher sur votre patron ou vos collègues, les entreprises veillent à leur e-réputation sur internet. Nées aux Etats Unis mais très présentes en Europe, des sociétés spécialisées font la traque aux critiques publiées sur le net et plus particulièrement sur Facebook. Singapore Airlines a demandé (pour ne pas dire exigé) de ses employés de ne plus évoquer la compagnie sur les réseaux sociaux. Fini le temps où l'on pouvait parler de ces andouilles de clients ou de ce stupide chef de service. Même si dans les deux cas, l'info était juste !

Le Figaro publie, sur sa page média, les conseils des entreprises aux employés qui auraient tendance à utiliser le web comme défouloir. Si certains groupes sont positifs : «Essayez d'ajouter de la valeur» explique IBM ou Kodak. D'autres, au contraire sont fermes sur le sujet : "Tout ce que vous publiez qui peut potentiellement ternir l'image de l'entreprise sera au final votre responsabilité" (Coca-Cola). Entre les deux, les opportunistes qui restent persuadés qu'en bien ou en mal, l'important c'est qu'on en parle. Certains enfin sont pragmatiques : "«Ne révélez jamais les chiffres, les promotions, vos informations personnelles, des infos juridiques, ce qui appartient à d'autres, des infos confidentielles... vous pourriez être viré.» (Best Buy).
Cette fameuse e-réputation est devenue, en quelques années, la bête noire des groupes internationaux. Les échanges facilitent la sensibilisation aux différences. Des syndicalistes français envoient des mails aux ouvriers chinois pour leur expliquer qu'ils ont été licenciés pour cause de délocalisation et de travail moins cher en Asie. Des ingénieurs de Dell se déchainent sur des groupes très fermés pour pointer du doigt les dysfonctionnements de leur direction. Bref, tout le monde parle. Un peu trop d'ailleurs. "Nous travaillons comme des policiers", explique anonymement le patron de l'une des entreprises françaises qui traque les bavards sur le net, "Nous cherchons à les identifier, à remonter jusqu'à eux. On a même vu un concurrent alimenter un faux forum contre un laboratoire pharmaceutique pour dénicher les employés félons". Tous les coups sont permis. On s'en doute. C'est sans doute ce qui explique qu'en France, il y ait presque quatre adresses mail par personne connectée. Et au moins une pour dire ce que l'on pense de son job.

Marc Dandreau

Lundi 13 Septembre 2010


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