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Racisme anti-blanc, la gestion difficile du multiculturel


Voilà un sujet difficile à aborder tant la moindre interprétation hâtive peut donner une connotation politique à cet éditorial qui, en aucun cas, ne se veut une tribune de ce type. Je suis seulement parti de faits concrets. Un jeune cadre français, installé au Caire, a pris la décision il y a quelques semaines de revenir en France. A la base, un besoin de protéger sa famille, femme et enfants, pris dans le piège d'une révolution populaire.



Notre jeune cadre n'a jamais été victime d'une agression physique quelconque. Tout au plus des regards noirs, des épaules bousculées et des insultes formulées par des groupes de jeunes hostiles aux occidentaux et plus encore aux Français engagés dans une guerre au Mali. On pourrait penser qu'un caractère trempé aurait permis de dépasser la peur. Ce n'est pas la vraie raison. L'environnement professionnel ne peut pas et ne doit pas venir polluer la vie quotidienne. Ce qui a le plus choqué notre expatrié, c'est son incapacité à gérer cette situation. "Je ne suis pas formé à ce type de crise où le blanc, l'occidental, devient un ennemi", reconnait l'intéressé qui ajoute, "J'ai compris en un instant la difficulté naturelle qu'il y a à discuter et échanger sur des idées avec des personnalités pétries de vengeance ou de colère. Dans ce cas précis, on pense plus aux siens qu'à soi. J'ai donc souhaité revenir en France".
On peut épiloguer et analyser cette réaction. Je me m'y lancerais pas car ce qui a retenu mon attention, c'est une remarque : "L'entreprise ne nous forme pas aux conflits idéologiques et culturels afin que nous puissions les désamorcer car nous ne sommes pas des représentants d'un gouvernement mais des salariés d'une entreprise". Il est vrai que les formations à la sécurité sont pléthores mais la vision "politique", pour ne pas dire l'apprentissage de la "neutralité des idées" sur le terrain reste complexe. On connaît souvent les us et coutumes d'un pays, on se plie aux demandes culturelles de nos hôtes mais le plus généralement dans des situations moins bousculées que celles rencontrées en Egypte par ce jeune cadre. La seule notion du respect et de la discrétion dans l'expression des sentiments ne suffit plus face aux chaos du monde moderne. Peut-elle faut-il aller plus loin dans les formations proposées.

Marcel Lévy

Mardi 29 Janvier 2013


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