Deplacements Pros, le quotidien du business travel, du voyage d'affaires et des déplacements professionnels


Ras le bol de voyager ?


Un très grand voyageur, dans une très grande entreprise, me confiait il y a quelques jours son «ras le bol de voyager». Depuis 20 ans, il représente son entreprise en Asie et dans le Pacifique. Même en classe Affaires ou en hôtels de luxe, une trentaine d'années de voyages d'affaires fatiguent. A la question : pourquoi cette lassitude alors que vous découvrez à chaque voyage de nouveaux points d’intérêt ? La réponse est sans appel : la nostalgie !



Ce serait une lapalissade de dire que l’on ne voyage pas aujourd’hui comme on le faisait hier. D’autant, et mon interlocuteur me le confirme que l’on «voyage mieux aujourd’hui qu’hier ». Les business sont de plus en plus confortables et les aéroports de mieux en mieux conçus. Les compagnies chouchoutent les voyageurs d’affaires et les outils technologiques, embarqués ou au sol, simplifient la vie de tous les jours. Alors, cette nostalgie n’est-elle pas un caprice d’enfant gâté ? «Pas du tout», me réplique mon voyageur «La nostalgie n’est pas dans l’enveloppe, mais dans le contenu. Car ce qui a changé, c’est l’absence de temps pour voyager. C’est tout bête mais aujourd’hui tout doit aller vite, la moindre heure gagnée est une victoire sur le travail. C’est faux. Une ou deux heures de plus peuvent faire la différence. Je n'en peux plus de la dictature de la montre». Et mon interlocuteur d’égrener les dizaines d’anecdotes qui démontrent qu’avec un peu de temps, on obtient commercialement de meilleurs résultats que ceux escomptés. «La valeur du temps est une composante économique que les entre prises européennes n’ont plus alors que les asiatiques, qui ont parfaitement compris cette faiblesse, en jouent au maximum». La solution ? «Expliquer aux travel managers, aux acheteurs, aux chefs d’entreprise qu’optimiser un voyage ce n’est pas forcément réduire le temps de transit entre deux vols. C’est donner le temps de bien travailler. Quelques dizaines d’euros pour une meilleure efficacité». Je crains que ce ne soit un combat perdu d’avance.

Marc Dandreau

Vendredi 5 Novembre 2010


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1.Posté par Matthias le 07/11/2010 09:40
Absolument d'accord avec l'auteur. Tout va trop vite, pour des situations et problèmes complexes il faut du temps, et ce temps il vaut mieux le prendre, c'est comme l'achat d'un produit bon marché mais de mauvaise qualité, à première vu une économie, sur le long terme on en a pour son argent ...