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Réductions ou frémissements ?




Le Président du groupe américain Carlson a été clair, la semaine dernière, lors de la Conférence mondiale sur le tourisme organisée à Florianopolis (Brésil) : le marché du voyage d’affaires dans le monde est en baisse de 10 à 20% selon les régions du monde actuellement. Il n’attend pas vraiment de reprise en 2010. Pourtant, ici et là, des frémissements se font sentir. Illusions ?

Autant voir les choses clairement, le tourisme d’affaires reflète la situation globale de l’économie. "Les entreprises ont coupé les dépenses, et les voyages ont été les premiers à être sacrifiés, c'est symbolique", a relevé le patron de Carlson, maison mère de Carlson Wagonlit Travel (CWT), lors de la réunion de Florianopolis, la semaine dernière. Résultat, une réduction drastique de 10 à 20% du chiffre d’affaires qui devrait "rester à un niveau très bas" en 2010, selon Hubert Joly, conformément aux prévisions du Fonds monétaire international (FMI) sur le commerce mondial. Les agences se réorganisent, avec les plans sociaux que l’on sait, et les Travel Managers se transforment en réducteurs de coûts plus qu’en gestionnaires de voyage. Il reste que la nature humaine a horreur du vide et ne peut pas rester les bras ballants, il faut bien continuer à travailler et aller chercher les contrats ! Les techniciens et les commerciaux sont toujours sur la route, mais en éco, quitte à arriver un peu fracassés. Ce qui donne des idées à l’hôtellerie d’entrée de gamme qui, comme Campanile (voir ci contre) investit pour attirer une clientèle d’affaires qui l’ignorait royalement. Et aujourd’hui, d'après le dernier observatoire de MKG Hospitality, l'hôtellerie économique limite ses pertes en augmentant ses prix de 8,2 %.Il y en a donc quelques uns qui vont moins mal que d’autres.

Les réductions sont encore plus visibles dans le secteur de l’événementiel et de l’incentive, puisque même dans les secteurs qui se portent bien, on n’affiche pas sa bonne santé par les temps qui courent, c’est politiquement incorrect. Pourtant, là aussi, certaines agences tirent leur épingle du jeu avec des efforts d’imagination pour organiser des activités de « team buildings » à moindre coût, plus proches géographiquement des entreprises. Avec le soutien de l’industrie puisque, comme l’explique Hubert Joly, « Ce ne sont pas que des cadres qui se font masser, ces séminaires jouent un vrai rôle dans le développement de l'entreprise ». Les agences québécoises remarquent ainsi qu’elles reçoivent aujourd’hui des clients américains qui les boudaient hier, parce que Montréal ou Québec représentent un morceau de France à portée de main, et économique. Une sorte de réorganisation futée, de redistribution des cartes est en cours, pour faire faire plus avec moins de moyens, entrainant un mouvement réel. De là à compenser la récession de 3% il y a un pas, mais on guette toutes les sources d’optimisme !

Anne Le Goff

Mercredi 20 Mai 2009


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