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Resserrer l'offre aérienne transatlantique: un danger pour les prix


Installé entre des coentreprises, des partages de codes ou des rapprochements de compagnie, le marché des vols entre l'Europe et les Etats Unis se resserre lentement mais sûrement. Tout naturellement, la presse américaine pose depuis hier la question essentielle: en limitant le nombre de compagnies sur ces liaisons, ne va-t-on pas assister à une inexorable montée des prix ?



Toutes les entreprises le savent, négocier des tarifs attractifs sur une "classe affaires" entre Paris et New York est à la portée du premier venu. Que ce soit en vol direct ou via une escale, l'offre est abondante et globalement, il est toujours possible de trouver son bonheur. Les sites américains spécialisés dans des billets "business" de dernière minute ne cachent pas que c'est sur les axes Côte Est/Europe que l'offre est la plus abondante et les tarifs les plus alléchants. Mais pour bon nombre d'observateurs, cette situation pourrait très vite évoluer. Dans un courriel adressé à ses clients, le consultant en gestion des déplacements internationaux Bryan Greaster ne cache pas que "La situation pourrait vite se détériorer si le nombre d'opérateurs aériens devait diminuer ou du moins se concentrer". Une situation, selon lui, déjà engagée depuis la coopération American Airlines/Iberia/British Airways. Le nombre de vols assuré ne baisse pas mais la grille tarifaire à évolué de 4,15 % en deux ans. Et de préciser : "Un ajustement des capacités sur l'axe Europe/USA aurait très vite des conséquences tarifaires identiques pour les voyages d'affaires". Et d'estimer cette augmentation des tarifs à 6,8% en deux ans. Il n'est pas loin des propos de notre chroniqueur Jean-Louis Baroux qui souligne volontiers que "Vendre du New York à 500 € en classe éco est une aberration car la compagnie ne réalise aucun profit". D'autant que ce qui pourrait se passer vers les USA est parfaitement imaginable sur l'Asie, voire à terme sur l'Afrique.
Face à cette bataille commerciale engagée dans le transport aérien, la moindre erreur de stratégie pourrait être fatale aux compagnies qui n'auraient pas compris l'évolution du marché. Mais pour les transporteurs aériens, les analyses ne font pas forcément le marché. Bien malin qui pourrait dire ce qui nous attend ces prochains mois.

A New-York,
Philippe Lantris

Mercredi 12 Décembre 2012


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