Mercredi 5 Septembre 2012

Risque de grève sur le sandwich SNCF


Savez vous qu'à l'INA, temple des archives télévisées, ce sont près d'une centaine de sketchs sur le fameux "sandwich SNCF" qui sont enregistrés et conservés ? Rien de bien étonnant quand on connait la passion des français pour la gastronomie ferroviaire ! La fin des wagons restaurant a naturellement donné naissance à son remplaçant instantané, le sandwich. Notre spécialiste ferroviaire a déniché une grève qui reste en travers des gourmands. Un coup de Pat bien senti qu'il faudra cependant prendre le temps de digérer.



Le service du bar à bord des TGV de la Sncf, déjà perturbé les 2 et 3 septembre, pourrait de nouveau être affecté par une poursuite de ce mouvement social d'ici peu. La cause, une grève des personnels de la société Cremonini, prestataire de Sncf. Conflit social peu médiatisé par la compagnie ferroviaire qui s’est contentée d’informer les voyageurs par affichage dans les gares, les invitant par précaution à s’approvisionner en boissons et en-cas auprès des nombreux commerces à leur disposition (sic) autour des quais.

Ce n’est pas la première fois que Cremonini a maille à partir avec ses personnels. Très régulièrement, cette entreprise est secouée de conflits sociaux sur des sujets récurrents autour des conditions de rémunération et les conditions de travail. Dès le choix connu de Cremonini pour reprendre la main derrière Wagons-Lits, le partenaire historique de Sncf, la nouvelle fut accueillie par 48 heures de grève des personnels de l’activité ! En mai et juin 2009, une autre grève dura 4 semaines avec recours à un médiateur et mise à contribution de Sncf.

Le présent conflit a mobilisé pendant deux jours consécutifs 70 % du personnel permanent de Cremonini selon un communiqué des syndicats FO, CFDT, SUD et CGT. Cremonini rencontrera ses partenaires sociaux le jeudi 6 septembre. Mais Gildas Le Gouvello, délégué central CFDT pour Cremonini, pressent déjà que cette réunion ne donnera rien et que la direction de Cremonini n’avancera sur aucune revendication. Il envisage d’ores et déjà la reprise de la grève dans le cadre d’un «conflit dur dans les prochains jours», selon ses propos.

Ce conflit est en partie lié au service proposé par Sncf aux voyageurs des espaces dédiés PRO en 1ère classe : boisson et snack sucré ou salé offert et servi à la place (http://www.deplacementspros.com/L-Espace-Pro-se-generalise-sur-TGV_a11090.html). Les salariés de Cremonini ont en charge cette prestation «gratuite». Mais ils font le constat que cette offre se traduit par moins de prestations payantes au bar. Et comme ils sont en grande partie rémunérés à la commission sur les ventes, le compte n’y est pas pour eux dans la mesure où leur employeur ne leur compense le manque à gagner que de 3 € forfaitaires par course.

Dans le même temps, Sncf a conclu un avenant avec Cremonini pour lui compenser ses pertes depuis le début du contrat (une rallonge de 2,5 millions d’euros). Or, les salariés se souviennent que durant ce contrat impécunieux pour Cremonini, ils ont vu leurs salaires gelés, le produit de la baisse de la TVA combler en partie le déficit et, disent-ils, leurs conditions de travail ainsi que la prestation offerte aux voyageurs dégradées. 1 800 salariés qui ne contestent pas, bien au contraire, que Sncf ait ajusté sa contribution de manière plus réaliste mais qui attendent maintenant que leur employeur régularise avec eux aussi.

Sncf et Cremonini, c’est une longue histoire déjà qui prend ses racines dans les errements de la restauration ferroviaire, le fameux «sandwich Sncf», expression mettant régulièrement en colère Guillaume Pepy, Président de l’entreprise nationale, tant Sncf n’a jamais ni fabriqué, ni vendu un seul sandwich.

La restauration ferroviaire fut pendant longtemps le domaine réservé de la mythique Compagnie des Wagons-Lits (groupe Accor de 1991 à 2010 avant de passer sous le contrôle de Newrest). En 2009, le groupe Accor passa la main, considérant ne pas pouvoir assurer le service de restauration à bord des TGV nationaux avec une subvention d’équilibre revue à la baisse de la part de Sncf, celle-ci envisageant même qu’il n’y ait à terme plus aucune subvention. On estime que pour 10 € de prestations au bar acquittées par le voyageur, Sncf verse autant au prestataire. Selon certaines sources, ce qui est aujourd’hui alloué à Cremonini est au final assez proche de ce qu’Accor demandait. Cher le « sandwich Sncf » et toujours pas bon selon les consommateurs ! La baisse des prix initiée par Cremonini sur certains produits de la carte n’a pas permis d’attirer pour compenser une clientèle supplémentaire, moins rebutée par les prix.

La voiture bar, un sujet qui n’a pas fini de préoccuper Sncf, à la recherche d’un équilibre et d’un modèle économiques vraiment a priori difficiles à trouver.

C’est à se demander s’il ne serait pas plus simple que l’opérateur ferroviaire prenne directement la main. Une perspective qu’on retrouve sous forme de prédiction de politique fiction sur le net dans une intervention simulée de Guillaume Pepy au journal télévisé

Boutade que cette interview fictive, très réaliste dans le ton prêté à Guillaume Pepy. Mais c’est bien pourtant le modèle de la Deutsche Bahn.

PAT

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