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SNCF : Bienvenue au e-Billet dans un monde où tout est en mouvement




Alors que la SNCF s'apprête à mettre en œuvre dès aujourd'hui son billet dématérialisé, les nuages semblent s'amonceler sur la tête de Guillaume Pepy. Son business modèle est mis à mal, les agences de notation revoient à la baisse la situation de l'entreprise ferroviaire et Bruxelles aimerait bien que le statut "trop privilégié" de la vieille dame soit mieux adapté à la concurrence. Ajoutez un ou deux syndicats de cheminots, l'électricité qui augmente et vous aurez fait le tour, provisoire, des petits soucis qui guettent le Président de l'entreprise.

Voilà quelques années, alors que Louis Galois était encore le Président de la SNCF, Guillaume Pepy avait eu sur le plateau de la chaine de télévision Voyage cette jolie phrase "Si tout était problème, il n'y aurait aucun intérêt à se battre pour défendre son entreprise". Aujourd'hui, son escarcelle est bien pleine en difficultés. Voilà deux ou trois jours, la hausse annoncée de l'électricité a conduit à une conclusion hâtive des usagers, pardon des clients : les prix du billet de train vont prendre quelques euros de plus. Que nenni, déclare alors Barbara Dalibard, Directrice Voyages à la SNCF, "Les hausses ne subissent pas les fluctuations du quotidien. Avec 1,9% de plus en janvier dernier sur le billet TGV, il n'y a pas d'urgence" Et hop, un souci de moins. Côté Bruxelles, les mauvaises nouvelles sont permanentes dans le bras de fer qui oppose l'Etat français à la Commission européenne. "Pas de statut d'établissement public" face à l'ouverture à la concurrence clament l'Europe qui voit dans ce tour de passe-passe une aide indirecte de la France incompatible avec le droit européen... "Et que si", répond le Ministre des transports sans doute inspiré par Nicolas Sarkozy. On va donc ferrailler, plaider, expliquer... Encore quelques années avant le résultat des courses. Et hop, un second souci de moins. Il reste l'image financière de l'entreprise. Standard & Poor's a décidé vendredi dernier d'abaisser la note de crédit de la SNCF de AAA à AA+. Rien de très "boulversifiant" si ce n'est que face à la perte de confiance du cabinet, emprunter va coûter plus cher. Une perte supplémentaire de quelques millions d'euros qui inquiète un peu la société nationale qui, depuis, est montée au créneau pour expliquer que la situation devrait se rétablir avant la fin de l'année 2010. Alors, le e-billet ? Comme disait ma grand mère "Wait and see", on n'est pas à l'abri d'une "gourance technologique". Une paille, en cette période déjà chargée.

Marc Dandreau

Lundi 7 Juin 2010


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