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SNCF : la colère est sur les rails


Un Conseil général qui pense payer trop cher ses liaisons ferroviaires, des Associations de consommateurs qui pestent contre les retards, des régions qui se disent "oubliées du rail", la liste des mécontents n'en finit pas de grossir. A la base de cette colère, l'annonce du changement d'horaires au mois de décembre. Décidément, notre relation professionnelle avec la SNCF est plus affective que réaliste.



Pour un observateur averti ou un passionné du ferroviaire, la période que nous visons est formidable. L'ouverture concrète à la concurrence avec Thello, la refonte du rail européen (la DB va t-elle sortir prochainement de Thalys ?), la mise en place d'un train allemand de Francfort à Londres, via Bruxelles et Lille (?), la remise en état du réseau ferré pour le moderniser et lui redonner du lustre... Les sujets ne manquent pas. Et de fait, le poids du train dans les déplacements professionnels européens, voire tout simplement pour la France, grossit d'année en année. Mais au delà des chiffres, c'est toute la relation entre les acheteurs et la SNCF qui doit évoluer. Communiquer globalement, et parfois maladroitement, ne servira pas à redorer l'image du train chez les voyageurs. Car au final, ce sont eux qui sont sur les rails. Eux qui fréquentent les gares. Eux et eux seuls. Plus rarement ceux qui achètent les billets dans l'entreprise. Aujourd'hui la bonne parole ferroviaire doit donc naturellement descendre, via l'entreprise, à ceux qui l'utiliseront quotidiennement. Le portail Pro ou celui dédié aux Travel Managers sont de bonnes bases mais restent des points d'entrée trop techniques. Comme le disait en souriant Pierre Dac, "Il faut faire rire le chemin de fer, sinon il déraille". Et de fait, la gestion des feux qui semblent s'allumer un peu partout demandera du doigté et une vraie vision dans le futur de ce que doit être le train. Aujourd'hui, on n'en sait rien. A l'image de la campagne politique qui s'est engagée, on sait que toutes les promesses formulées depuis quelques mois ne seront pas tenues. Il est temps d'éclaircir l'avenir, faute de quoi le train foncera dans le brouillard.

Marcel Lévy.

Vendredi 14 Octobre 2011


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