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SNCF : syndicats, direction et voyageurs jouent habilement au poker menteur




Une rapide comparaison entre les affirmations publiques de la SNCF sur le taux de grévistes effectifs et les informations qu'elle communique en gare sur son trafic permet assez vite aux internautes de constater qu'elles sont bien différentes les unes des autres. D'un côté on parle de retour à la normale, de l'autre on remarque sur Infolignes.com que le trafic est loin d'être aussi limpide que ne veut bien le dire la direction de la Société Nationale. Enfin sur les quais, les voyageurs, tels sœur Anne, ne voient rien venir. Et pour cause, c'est la grève !

Depuis quelques mois, la tendance se développe de minimiser les effets des conflits sur les différents modes de transport. On l'a vu avec la grève des contrôleurs aériens en janvier dernier, British Airways n'a pas cessé d'en parler pendant l’arrêt de travail du personnel de cabine et aujourd'hui, la SNCF joue avec les chiffres en établissant des moyennes qui tiennent sur le papier mais ne sont pas très réalistes quant à la situation sur le terrain. On pourrait se demander quel intérêt profond consiste à faire croire qu'une grève est peu ou pas suivie ? A priori, la direction a tout intérêt à laisser croire que les cheminots, souvent présentés comme des nantis, en veulent toujours plus pour en faire toujours moins. Du côté syndical, une telle position finit par énerver le personnel qui en déduit que les revendications formulées ne sont pas prises au sérieux par ceux qui les dirigent. Quant au client, dans cette bataille, autant dire qu'on s'en fout ! Il peut tranquillement attendre sur les quais, en ce printemps plutôt clément, les chemins de fer français lui offrent du temps pour profiter des derniers rayons du soleil.
Tout cela serait risible si, au final, rejoindre son travail ne tenait pas du parcours du combattant. D'autant qu'avec les 26,6 %de grévistes annoncés par la SNCF, on pourrait s'attendre à une circulation plus importante. Faut-il plutôt croire les 40 à 44 % de grévistes revendiqués par les syndicats qui, sur le terrain, semblent plus proches de la réalité ? Outre le fait que les négociations sont essentielles à la gestion d'un conflit, il apparaît évident qu'en cette période où la communication prime sur l'information, il est plus facile de minimiser et de simplifier la réalité que de la gérer. Dommage, la SNCF n'est pas une entreprise de production de télé réalité qui, comme dans la ferme de TF1, décide que tout doit bien se passer. Dormez, je le veux puisque la direction l'a décidé.

Hélène Retout

Mercredi 14 Avril 2010


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