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Savoir ne pas aller trop loin





Adaptation, efforts, soucis de gestion, en période difficile les yeux sont sur les compteurs pour traquer le gaspi et restreindre les coûts, coûte que coûte. Mais justement, le « coûte que coûte » doit aussi savoir raison garder, car il y a des seuils à ne pas franchir, même chez les TM et les grands voyageurs !

Les compagnies aériennes semblent avoir encaissé un nouveau recul de leur trafic en Mai, et l’Assemblée générale de Iata a donné lieu à un concert d’inquiétudes renouvelées cette semaine au Bourget, à l’occasion du Salon. Du coup, chaque compagnie guette le passager et fait des efforts sur les prix. Jusqu’à un point de non retour parfois, ce que l’observateur avisé Tim Clark condamne : «Certaines personnes vont tout simplement trop loin », accuse le patron d’Emirates, en pointant un grand transporteur asiatique qui proposerait de relier la côte Ouest des États-Unis à l’Inde « à des tarifs dont je serais étonné qu’ils puissent couvrir le coût des plateaux repas ». Et Tim Clark de suggérer de « regarder à longue échéance pour se rendre compte de la folie des marchés en ce moment ».
Une folie qui semble avoir gagné British Airways. La compagnie, après avoir annoncé le mois dernier une perte annuelle record de 220 millions de livres sterling, demande aujourd’hui à ses salariés de travailler gratuitement, volontairement, pour une période allant d’une semaine à un mois. Parler de réduction de salaire, peut-être, de travail bénévole, il y a un pas. En le franchissant, la compagnie laisse supposer que son travail n’a pas de valeur. Ce qui risque d’inciter les passagers à penser qu’ils n’ont pas à payer leur billet, puisqu’il ne vaut rien !

Pour les grands voyageurs et leur Travel Manager aussi, il faut savoir raison garder. Tel TM nous disait cette semaine être ulcéré par son patron qui a décidé, grande mesure d’économie, de faire passer tous les voyages en train de ses collaborateurs en seconde classe. Oubliant que les tarifs négociés en Première sont moins chers. Et ignorant que la seconde classe n’étant pas équipée de prises électriques, ses collaborateurs ne pourraient pas utiliser leur ordinateur portable pour travailler comme ils en avaient l’habitude durant le trajet. De fausses économies.

Annie Fave

Mercredi 17 Juin 2009


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