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Se faire entendre en période de crise, un vrai challenge


Se taire et tendre le dos, ou revendiquer et pénaliser un peu plus son entre prise ? Le dilemme est grand ! Les hôtesses et stewards de Lufthansa, après l’échec des négociations salariales, ont finalement choisi de faire entendre leur voix et préparent une grève «de grande ampleur». Le conflit social sera sans doute suivi très attentivement par les autres syndicats, y compris en France.



Jusqu’ici les discussions du plan Transform 2015 se sont déroulées sans mouvement de grève chez Air France, même s’il n’est pas totalement bouclé. Il doit y avoir encore des réunions du CCE du 20 au 26 septembre et, dès demain jeudi 30 août, les salariés des filiales régionales Britair et Regional doivent être informés des sureffectifs de PNT. Globalement, pas trop de vagues jusqu’ici, la direction… et les voyageurs croisent les doigts.
Du côté de Lufthansa, les négociations des derniers jours se sont mal terminées entre les PNC et la direction. Les hôtesses et stewards, menés par le syndicat Ufo, «préparent une grève illimitée à moyen terme» selon leur porte parole. Voilà qui tombera certainement mal ici aussi. La concurrence intense est aussi forte chez les allemands qu’en France, la flambée du carburant y est la même et toute perturbation y est aussi malvenue. Le Directeur financier de Lufthansa se souvient qu’une première grève historique des PNC, début 2009, lui avait coûté plusieurs dizaines de millions d’euros. Les hôtesses, qui n’ont pas été augmenté depuis 3 ans, réclament une augmentation de 5 % de leur salaire, avec rétroactivité au 1er janvier 2012. Ce serait un peu plus que l’inflation des 3 ans mais les PNC étaient prêts à des concessions, s’il y avait garantie sur l’emploi. La réponse est claire : Nein. La politique de restrictions des coûts ne passe pas par des engagements de cette nature de l’autre côté du Rhin. La direction fait savoir la semaine dernière dans Die Zeit qu'il valait "mieux aller jusqu'à une grosse confrontation plutôt que d'éjecter l'entreprise hors du marché concurrentiel". Certes. Mais la confrontation aura elle aussi un coût.

Annie Fave

Mardi 28 Août 2012


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1.Posté par PAT le 29/08/2012 11:17
La force du syndicalisme allemand c'est de savoir faire trembler une entreprise par la simple menace de grève. Si la gréve devait être lancée (souvent progressivement pour bien faire réfléchir le camp adverse), celle-ci serait nécessairement suivie le temps que le syndicat l'aurait décidé. Une arme de dissuasion, pensée pour que sa menace suffise.
A souligner également, le syndicalisme allemand ne se pratique pas avec des militants mais avec des économistes, des analystes financiers, des consultants de toutes sortes. Ce qui permet aux exigences du syndicat d'être validées sur le plan écononomique, quoiqu'en dise le camp d'en face.
C'est pour cela que l'échec des négociations et le recours à la grève sont bien rares ou ne durent pas et qu'un accord finit par être trouvé.