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Dimanche 2 Mai 2010

Sérieuse turbulences pour l'aviation d'affaires



Le 10eme salon européen de l'aviation d'affaires, qui se terminera le 14 mai prochain à Genève, a du mal à masquer les difficultés d'un domaine pourtant promis à un bel avenir. La crise économique de 2009, associée au aléas de l'éruption volcanique islandaise, aura eu raison d'une croissance annoncée qui n'a pas été au rendez-vous. L'EBACE, c'est le nom de ce salon, se doit de constater que l'avenir, même s'il est en légère reprise, ne portera pas les réussites économiques promises en 2007.



Les chiffres donnés par Euroscontrol démontrent que le trafic de l'aviation d'affaires au-dessus de l'Europe a ralenti de 15 % en 2009. Déjà, en 2008, la baisse constatée de 20 % avait donné un coup de frein sérieux à ce marché. Cependant une tendance positive l'avenir, la copropriété: «Il est clair que la notion de copropriété développée dans l'univers de l'aviation d'affaires a permis à des entreprises d'accéder à un moyen de transport qu'elle n'aurait pas pu financer seules», explique Claudia Herri, consultante italienne reconnue dans l'univers de l'aviation d'affaires. Il reste que les indicateurs économiques ne sont pas au vert. Des tarifs horaires en baisse de 20 à 30 %, un parc élevé d'appareils dont beaucoup ne volent pas faute de clients et une évidente difficulté à faire financer par les banques l'acquisition d'un tel matériel expliquent le pessimisme actuel du salon de Genève. Et pourtant, selon les opérateurs l'usage d'un avion privé ne coûte souvent guère plus cher que l'utilisation d'un vol régulier en business. Mieux, selon les destinations choisies et la réalité aéroportuaire du lieu, l'aviation d'affaires se révélerait plus économique en coûts réels d'exploitation que des vols réguliers nécessitant des escales et des temps d'attente importants. Deux arguments convaincants il y a trois ans et qu'aujourd'hui les entreprises balayent d'un revers de main : "On ne peut pas faire des économies et les imposer à son personnel pour voir la direction générale s'envoler en avion privé», conclut Claudia Herri qui se désole que l'image d'un tel produit soit plus associée au luxe qu'à sa capacité de faire gagner du temps et de l'argent à ses utilisateurs.