Deplacements Pros, le quotidien du business travel, du voyage d'affaires et des déplacements professionnels


Shakespeare s'en prend à Molière en avion


Flight inspection ou inspection en vol ? Cross Crew ou qualification croisée ? Winglet ou ailette de bout d'aile ? On pourrait aussi de GPS et de smartphone, sans oublier les shuttle. A l'occasion du Salon du Bourget, la Délégation générale à la langue française rappelle qu'il existe aussi des mots en Français pour les termes aéronautiques !



Combat d'arrière-garde ou recherche identitaire ? Alors que les Québécois nous montrent en permanence l'exemple sur l'adaptation et la résistance du Français face aux anglicismes, l'aéronautique est sans nul doute un monde dominé par l'Anglais. Le Ministère de la culture et de la communication pousse donc le grand public comme les professionnels à adopter le réflexe France Terme, en proposant des alternatives françaises aux anglicismes de plus en plus courants. Le GPS qui guide l’automobiliste en déplacement devient ainsi le géonavigateur, sans perdre a priori de son efficacité. Le «pitch», qui désigne l’angle que fait l’axe longitudinal d’un aéronef avec le plan horizontal devient, en bon français, l’ «assiette» que connaissent tous les pilotes, et les STOL aircraft des ADAC, pour avion à décollage et atterrissage courts. Des termes disponibles sur le site de France Terme, qui ont déjà fait leur entrée dans le vocabulaire officiel, et espèrent maintenant se frayer un passage dans le langage usuel.
Il reste qu'il n'y a pas qu'en aéronautique que l'Anglais domine la planète et le monde des affaires en est l'illustration quotidienne. Chaque jour, on passe un "conf call", voire une "conf call", l'appel devenant ainsi une conférence et prenant un petit féminin, histoire peut-être de se rattraper. Gagnés par la facilité, les acheteurs parlent en permanence de "savings" ou de "pay-back" sans compter les "ROI". Et tel Astérix cerné dans son village gaulois, je me prends à rêver d'un monde ou le snobisme ne serait pas de parler Anglais mais une bonne langue de Molière, sans barguigner.

Hélène Retout

Mardi 21 Juin 2011


Notez