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Singapour donne le ton des voyages d’affaires


Le salon du transport aérien qui vient de se terminer à Singapour démontre, s’il le fallait, toute la difficulté des compagnies à anticiper le futur dans un monde où le besoin grossi et où la gestion économique au quotidien est complexe. Au moment même où la plupart des grandes compagnies aériennes cherchent à sortir de la crise en diminuant très fortement les coûts d’exploitation, ce salon a démontré qu’il fallait trouver un équilibre entre les services et les volumes sans pour autant sacrifier à la baisse permanente des tarifs.



Au-delà de la présentation des appareils vedettes de Boeing et d’Airbus, c’est tout l’avenir du transport aérien en Asie qui a tenu la Une de l’actualité pendant près d’une semaine. La Chine a donné le ton : son trafic va doubler en cinq ans et le besoin en avions comme en pilotes est immense. Mais au-delà, la plupart des compagnies aériennes se sont attachées à imaginer ce qui ferait l’avion de demain. Comme toujours, et c’est normal compte tenu des revenus qu’elle procure, la classe avant est restée au milieu de toutes les attentions. Au-delà des simples refontes envisagées, que ce soit Singapore Airlines, Qantas, Air Asia…, ce sont également les services ou les améliorations dans les classes intermédiaires qui intéressent les transporteurs.

Première certitude, la densification des classes économiques reste au programme des prochaines années. Pas question d’augmenter fortement la place entre les sièges, tout au plus d’apporter quelques améliorations sensibles comme la généralisation d’une prise électrique, un repose pied ou des sièges plus confortables, réglables en hauteur avec des appui-tête eux aussi adaptables à chaque voyageur.

Le regard des designers se porte désormais sur la classe Premium. Considérée comme un vrai succès par l’ensemble des opérateurs aériens, cette classe intermédiaire devrait connaître quelques substantielles améliorations ces prochaines années. Là aussi, et toutes les études le démontrent, il faut être prudent sur son évolution tant elle pourrait vite cannibaliser la business class. Aussi, les améliorations annoncées par les compagnies sont-elles plus du domaine du service que du seul pitch. Certaines compagnies vont jusqu’à imaginer un salon Premium au sein même de l’espace business et first. Si la plupart d’entre elles ont déjà aménagé leur siège en fonction de recommandations « clients » (prise électrique, inclinaison des fauteuils ou espaces pour les jambes) toutes travaillent avant tout à l’amélioration de l’image d’une classe très appréciée des entreprises.

En Asie, ce sont également les services au sol qui font l’objet d’attentions particulières. Les compagnies, en association avec les aéroports, veulent proposer un ensemble de services, gratuits ou payants, capables d’aider le voyageur à mieux vivre son déplacement professionnel. Il y a bien sûr la monétisation d’un accès salon mais aussi le confort de ces espaces qui s'améliore. On y voit arriver des centres de soins et de massages dotés de douches voire même de piscine. Singapour, très en avance dans ce domaine, souhaite que son aéroport devienne un lieu de savoir. L’ouverture de jardins, à terme de musée, devrait répondre aux attentes des voyageurs.

Enfin, minimiser les temps d’attente au sein des aéroports est l’un des objectifs de toute la chaîne du voyage. Aujourd’hui, il est prouvé qu’une durée de transit inférieure à 1h30 est la moyenne idéale. Il reste qu’il faut tenir compte des aléas climatiques, des passagers qui apprécient d’arriver tôt dans les aéroports ou des tracas de la circulation. On sait que le transport aérien idéal n’est pas encore de ce monde mais tous les professionnels l’affirment : en dix ans le voyage d’affaires a progressé plus vite qu’au cours des 50 dernières années.

Hélène Retout

Lundi 17 Février 2014


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