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"Tourisme d'affaires", une expression à bannir du vocabulaire professionnel


Il y a des associations de mots qui sont peu révélatrices de la réalité d'une activité ou d'un marché. C'est le cas du tourisme d'affaires dont on ne sait pas très bien quelle réalité économique il couvre et quel est, au final, son périmètre d'activité. Si le mot "tourisme" peut s'appliquer aux voyages du grand public avec parfois la connotation péjorative qu'on veut bien lui donner, le mot "affaire", lui, est auréolé de tout le sérieux qu'on lui connaît et se prête mal à ce mariage économique avec l'univers des loisirs au sens «léger» du terme.



Depuis environ une année, la plupart des services en charge du Mice dans les organismes qui gèrent la promotion d'un territoire ou d'un pays, commence à gommer l'expression «tourisme d'affaires» de leurs outils de communication. D'ailleurs, si l'on interroge les professionnels de l'événementiel sur le sujet, la définition est floue et le périmètre couvert par ce fameux "tourisme d'affaires" varie selon les interlocuteurs. L'organisation d'un séminaire ou d'une opération d'incentive est toujours le mélange réussi d'une période intense de travail et de temps libre consacré à la découverte des lieux. Il y a de fait une partie plus légère de l'opération où, incontestablement, le tourisme prend le pas sur l'activité professionnelle. Cela ne veut pas dire pour autant que la manifestation est uniquement placée sous le signe de la détente et de la découverte. C'est ce mariage réussi des deux univers qui détermine la qualité de l'opération engagée et assure la mesure du retour sur investissement. Le maître mot final de cet ensemble.
Si l'expression choque, c'est principalement dans l'entreprise. Difficile d'aller présenter à un comité de direction une opération sérieuse dont l'appellation générique tourne autour du mot "tourisme". En cette période de crise aux budgets serrés, peu de responsables voyages en charge du MICE se risquerait aujourd'hui à le faire. Est-ce pour autant la fin de ce fameux "tourisme d'affaires" ? Sous sa forme actuelle, sans doute. Les récents salons professionnels se sont engagés sur cette voie du professionnalisme à outrance et privilégié les termes "séminaires de travail", "rencontres professionnelles"... Les nouvelles expressions sont encore à trouver mais les bases sont là. Les agences événementielles en sont si conscientes qu'elles demandent désormais aux fournisseurs de la sobriété et du réalisme dans leurs documents de promotion. Les clients apprécient cette rigueur même si, au final, ce n'est pas si mal d'aller prendre le temps de souffler et de s'amuser pendant une réunion d'entreprises dans un pays étranger.

Marc Dandreau

Mercredi 9 Février 2011


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1.Posté par tapia le 09/02/2011 09:01
bonjour,

Cela fait bien suite à mon entretien sur le sujet avec Marcel LEVY à BEDOUK.

On préfère désormais parler dans l'univers du MICE D'ÉVÉNEMENTS À L'ÉTRANGER.

Et lorsqu'un annonceur s'oriente vers cela on définit le mode applicatif : séminaire, colloque, convention, incentive etc... le format : nombre de pax, durée maxi de vol, nombre de jours de nuitées... les ingrédients : réunion plénière, activités par équipe, sous-com, dîner de gala... et on crée donc un concept. Ce n'est qu'ensuite une fois la stratégie validée que l'on va tenter de trouver la destination la plus cohérente pour servir notre stratégie. Les agences ne sont plus alors vendeuses de destinations à mettre en concurrence (Dubai face à Af du sud face à Maurice) mais de solutions communications dont l'outils un des moyen est un voyage !

bonne journée

Serge

2.Posté par Gaetane Gambier-Thurot le 09/02/2011 23:37
Merci Marcel de dire haut et fort cette nuance terminologique relative au tourisme d'affaires et qui met bien en lumiere tout ce qui fait la complexité -et par ailleurs l'intérêt- des activités du corporate travel et confirme ainsi un relation ancienne mais très forte entre des secteurs qui préfèrent pour l'instant jouer sur le registre de la spécificité, le déplacement a des fins de tourisme d'une part,
le deplacement professionnel individuel et le déplacement dans le cadre d'une opération Mice d'autre part. Pourtant la prise en compte de l'evolution de l'industrie du voyage dans toute sa dimension nous oblige de nouveau a associer industrie du tourisme et industrie du voyage d'affaires...mais il ne s'agit pas en aucun cas d'une marche arrière, bien au contraire cela conforte des evolutions que l'escaet a justement pressenti. A suivre....

bien a toi Gaetane