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Tous pour, tous contre, les Français restent attachés au train




Critiqué, aimé, attaqué, apprécié, conspué.... mais utilisé, le train français ne laisse pas indifférent. En vingt ans, l'usager devenu client a compris qu'avec la grande vitesse, nos 1159 km de Lille à Marseille pesaient, dans le pire des cas, à peine 4 heures de TGV… A condition d'avoir les rails. Un constat sans appel qui donne des idées, des envies, des attentes mais aussi des rejets ou des craintes.

Savez-vous qu'il y a en France plus d'un millier d'associations qui se sont créées autour du train. Ligue de défense de telle ou telle ligne, comités contre ou pour tel ou tel tracé, groupes de pression pour la création ou la réouverture d'une gare … A en croire nos concitoyens, les cafés de la gare ont encore de beaux jours devant eux. Pour autant, une fois posé l'état des lieux, il faut entrer dans le sujet qui fâche. A l'exception des grands axes nationaux, y compris transversaux, on peut raisonnablement penser que les petites lignes sont vouées à disparaître. L'exploitation par bus est plus économique… et plus pratique. Il faut donc accepter ces contraintes et arrêter de se gargariser avec la notion de "service public" servie à toutes les sauces, qui peut aussi bien se pratiquer par navette routière quand le train n'est plus rentable. D'autant que ce service public du train, tant commenté, est comme le Saint Graal. Tout le monde veut le voir mais personne ne veut le payer ! On peut toujours râler contre les impôts, à condition de ne pas exiger des services dont le coût est parfois exorbitant. Oui à la baisse de la pression fiscale, non à la fermeture d'une poste qui dessert quelques centaines d'habitants. C'est tout le paradoxe français.
Tout cela la SNCF le sait. Mais comment peut-elle le dire en langage "politiquement correct", la nouvelle plaie du 21ème siècle. Le bon sens devrait pourtant l'emporter. Comme dans une famille, on ne peut dépenser, même quand on s'appelle l'état, que ce que l'on gagne. Même si, de temps en temps, on vit à crédit, on ne pas passer sa vie à taper dans les caisses ! Le déficit de la SNCF ne peut durer sans empiéter sur les capacités de la vieille dame à se moderniser. La santé de la Société Nationale des Chemins de Fer est le miroir de notre santé économique. Vouloir de nouveaux services ferroviaires, c'est accepter que sa région en assume les frais. C'est un choix politique, au sens premier du mot. Réaliste en cette période où l'avenir de nos enfants ne passe pas seulement par le tri sélectif mais aussi par notre capacité à savoir gérer nos finances et à anticiper l'avenir du transport national.

Hélène Retout

Jeudi 4 Mars 2010


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