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Une petite sieste et hop au lit


Il y a des sujets qui m'inspirent et que j'aime bien aborder. En parcourant la presse, dimanche dernier, tranquillement installé dans mon fauteuil, je suis tombé sur un article du Parisien qui faisait l'éloge du sommeil. Le titre à lui seul m'a plu : "La sieste aide à travailler". Le journaliste évoque les recherches d'un spécialiste bien connu du domaine, Eric Mullens, médecin et responsable du laboratoire d’exploration du sommeil d’Albi dans le Tarn.



Voilà des années que je suis avec intérêt les travaux de ce médecin qui consacre une grande partie de son activité professionnelle à la recherche sur le sommeil. Depuis longtemps, il a dépoussiéré tous les poncifs sur la sieste pour expliquer à quel point 20 minutes de sommeil en début d'après-midi pouvaient quasiment multiplier par deux la productivité d'un salarié. Un constat particulièrement vrai chez les cadres, souvent stressés, et qui ont bien du mal à maîtriser leur sommeil une fois qu'ils sont sortis du travail.
A priori, dormir est quelque chose de simple et plaisant. Éric Mullens ne cache pas, dans un livre paru en 2009, qu'apprendre à faire la sieste, c'est comme prendre un médicament. Il explique d'ailleurs que "La sieste est un évènement chronobiologique qui possède des vertus thérapeutiques, à condition d’en connaître les règles de prescription, notamment en réponse à un déficit de sommeil". Il n'est pas le seul à expliquer tous les bienfaits de la sieste. En Espagne, où ou cette pratique est fréquente, le docteur Coreira a démontré que ce qui pouvait apparaître comme une perte de temps était sans doute l'investissement le plus rentable que pouvait faire une entreprise. Dans son étude, il ajoute que "La sieste est victime d'une interprétation culturelle négative et qu'elle n'est pas vécue comme un espace de récupération indispensable au corps humain". De fait, à Madrid comme à Barcelone, deux villes à l'activité économique soutenue, bon nombre d'entreprises ont créé des endroits où les salariés peuvent aller se reposer 15 à 20 minutes après le repas. Un système intelligent de timer, intégré aux banquettes mises à disposition, permet de ne pas sombrer dans les bras de Morphée au-delà du temps nécessaire.
Les résultats sont étonnants: la productivité mesurée l'après-midi, après la sieste, a bondi de 38 % en moyenne. Et le docteur Coreira de donner quelques conseils : "Pas de réunions programmées en début d'après-midi, pas de conférences téléphoniques dans une langue étrangère juste après le repas... Sans oublier le respect d'une phase de récupération après la sieste qui est de l'ordre de 5 à huit minutes". Éric Mullens n'a jamais caché que le sommeil était bien plus complexe que ne veulent bien le penser ses confrères. D'autant plus chez les voyageurs aux rythmes de vie souvent déréglés par des décalages horaires inadaptés à la régularité du sommeil. Aussi, et c'est, sans doute le plus important à retenir, apprendre à dormir en toutes circonstances est pour le voyageur la certitude de bénéficier de phases actives réellement performantes. Voilà de quoi donner des idées aux entreprises qui se veulent à la pointe de la productivité.

Marc Dandreau

Jeudi 14 Octobre 2010


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