Dimanche 26 Août 2012

Une reprise sans réelle reprise


je ne voudrais pas jouer les oiseaux de mauvais augure mais les données économiques qui sont moulinées quotidiennement par les analystes financiers ne sont guère optimistes pour les mois à venir. Le ralentissement économique, qui se fait sentir jusqu'en Chine, devrait conduire les entreprises à repenser leurs déplacements professionnels, soit pour les limiter, soit pour mettre en place une nouvelle politique voyages plus sévère, moins tolérante et aux coûts toujours mieux maîtrisés.



Alors que demain, 28 août, va s'ouvrir Univ'Airplus qui marque traditionnellement la reprise de l'activité dans le monde du voyage d'affaires, force est de constater que les différents indicateurs ne sont guère favorables aux déplacements professionnels. Et pourtant, il faudra bien aller sur le terrain chercher les clients indispensables à la vie l'entreprise, qu'il s'agisse de services ou de produits manufacturés. La conférence annuelle de la GBTA à Boston, malgré un optimisme un peu artificiel, est venu confirmer ce que nous savions déjà : les effets de la reprise aux USA sont encore assez faibles pour envisager un rebond significatif des dépenses en matière de voyages professionnels. Toutes les grandes entreprises outre-Atlantique, que ce soit Monsanto ou IBM, reconnaissent qu'il faudra quelques années pour faire évoluer les directions financières, toujours inquiètes à ce jour des coûts importants des déplacements professionnels.
Une fois dressé le constat, il est important d'analyser les solutions possibles. Elles ne sont finalement pas très nombreuses. Réécriture de la politique voyages, mise en place de contrôles et renforcement de la validation non systématique des voyages demandés… Autant de méthodes utilisées pendant les crises dont on sait au final que, si elle diminue sensiblement ce type de dépenses, elle freine aussi la capacité des entreprises à se développer commercialement et technologiquement à l'international. Le cercle est vicieux, et seule l'imagination des acheteurs peut permettre d'en limiter au mieux les effets d'une économie forcenée sur les voyages. Ajoutons à cela des fournisseurs aériens dont on sait désormais qu'ils ne pourront maintenir leurs prix bas faute de disparaître, des hôteliers bousculés par les comparateurs en ligne et soumis à la pression des marchés, et l'on comprendra mieux l'enjeu des prochains mois. Ce qui est certain, c'est que l'on saura très vite les pistes d'économies mises en place dans les entreprises. Nul doute qu'elles ne devraiten pas plaire à celles et ceux chargés d'aller sur le terrain les représenter.

Marcel Lévy



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