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Vol MH370 : la difficulté à appeler les choses par leur nom


Quelle étrange situation que cette histoire de vol disparu. Une histoire incroyable, qui ferait presque rire s’il n’y avait 239 personnes à bord et autant de familles angoissées, éplorées, en colère et d’autant plus exaspérées que la Malaisie ne dit pas les choses par leur nom. Depuis le début, ni la compagnie, ni l’état malaisien ne jouent la carte de la transparence.



Imaginez-vous être un voyageur d’affaires chinois venu travailler à Kuala Lumpur. Il y en a forcément, à bord de ce vol MH370. Kuala est une ville d’affaires importante, prendre la compagnie nationale du pays que l’on va visiter n’a rien d’incongru ni d’irresponsable. La compagnie a une sérieuse réputation, ses pilotes sont chevronnés, ses avions dans un état impeccable. Comment comprendre qu’aujourd’hui encore, la Malaisie – par la voix de son premier ministre lui-même – refuse le terme de détournement alors que, d’évidence, un pilote – quel qu’il soit – a décidé que l’appareil et ses occupants n’atterriraient pas à la destination prévue, Pékin?

Comment comprendre que Kuala ait mis 7 jours (7 jours !) pour accepter les informations venues d’autres pays, y compris les USA, pour expliquer que l’appareil a volé au moins 5 à 6 heures après sa disparition des radars? Comment expliquer qu’il lui ait fallu tant de temps pour accepter l’aide des autres pays, en particulier du BEA français qui a pourtant la triste expérience d’avoir recherché très récemment le vol AF 447 à l’aide du système ACARS, le seul semble-t-il en fonctionnement ?

Comment retrouver la confiance des voyageurs si l’on sait qu’en cas de problèmes, il ne faudra rien attendre de la compagnie ? Interrogés de façon informelle, pas mal d’acheteurs se disent « inquiets » d’une telle situation et se demandent si choisir Malaysia Airlines est une bonne idée pour leurs voyageurs. Nous aurions tendance à penser que plus que jamais, elle mérite la confiance des voyageurs… A condition de redevenir transparente. Ce que les autorités chinoises exigent d’elle aujourd’hui.

Bien des questions, et aucune réponse. Aujourd’hui, la vie et les affaires continuent. Les voyageurs d’affaires prennent l’avion. Nul doute que les passagers et les équipages, sans être plus anxieux, sont plus en alerte que d’habitude. Mais comment ne pas comprendre le désarroi que peuvent ressentir les familles devant un vide aussi incompréhensible, aussi inexplicable?

Hélène Retout

Dimanche 16 Mars 2014


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