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Voyager à deux pour lutter contre la théorie du complot




L’histoire de l’URSS est truffée de récits, souvent anonymes, qui expliquaient les modalités d’un voyage d’affaires sous Staline ou Brejnev : entre espionnage et militantisme. Rien de bien surprenant dans ces historiettes qui conduisaient les voyageurs à partir à deux, l’un surveillant l’autre… Et réciproquement. Il reste de ces aventures, où le politique côtoyait le business, de succulentes anecdotes qui pouvaient même parfois finir en mariage. Et nos deux tourtereaux eurent beaucoup de petits secrets !

Face à l’espionnage commercial et industriel, beaucoup de pays renouent avec ces méthodes de voyage à deux. Heureusement, les époques ont bien changé et ce nouveau duo n'a d'autre but que de préserver de toute forme d'espionnage technique ou commercial les données utilisées en déplacement. Dans un long papier publié la semaine dernière dans le Los Angeles Times, Trivet Ross, spécialiste de la sécurité et généralement peu enclin à s’exprimer, lançait un cri d'alarme auprès des entreprises qu'il qualifie « de trop généreusement ouvertes à l'espionnage industriel ». Et de poursuivre : « Il y a aujourd'hui deux ou trois pays dont il faut se méfier parce qu'ils ont les moyens intellectuels d'utiliser les informations obtenues mais surtout parce qu'ils peuvent produire à des coûts extrêmement bas. ». Ce spécialiste, qui veut aujourd'hui créer une agence américaine de la sécurité économique, n’hésite pas à montrer du doigt la Chine, l'Inde voire même le Japon et dénonce le peu d'attention apportée par les voyageurs d'affaires à leur savoir d'entreprise. «Voyager à deux, sur un déplacement un peu complexe, va permettre d'analyser votre réel process sécuritaire et vous permettre de mesurer votre approche en matière de protection des données ». Pour Trivet Ross, le regard croisé des deux voyageurs, et les critiques apportées aux méthodes utilisées, est un premier filtre indispensable à la sécurité. «Il y a désormais un nouveau terrain de bataille à défendre, celui de la compétence technologique et de l'innovation » commente t-il « Deux domaines formés d'une multitude de petites entreprises qui ne se méfient pas toujours de leurs approches commerciales à l'étranger ». L'oublier, le négliger ou ne pas s'en méfier serait une faute grave qui, selon Trivet Ross, pourrait coûter quelques milliards de dollars aux industries américaines et européennes.

Philippe Lantris

Lundi 8 Février 2010


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