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Voyages d'affaires : encore un peu de concentration dans l'aérien et les prix vont bondir


Il y a plusieurs façons d'analyser la concentration aérienne qui se met en place aujourd'hui dans le monde. Il y a eu LAM et TAM en Amérique du Sud, British et Iberia en Europe, sans oublier la panoplie de compagnies chez Lufthansa ou l'alliance KLM/Air France il y a quelques années. Ajoutez du Vueling chez IAG, du Qantas à Emirates, du Air Berlin à Etihad, US Airways à American Airlines, Continental à United, Du TAP à...



Pour les plus optimistes, cette concentration européenne voire mondiale pourrait permettre une consolidation des compagnies, une stabilité des prix et une meilleure répartition des dessertes aériennes. Une vision positive qui va favoriser les échanges tout en conservant un niveau de concurrence, donc de prix, attractif. Pour les inquiets, les pessimistes de tout poil qui ont l’œil rivé sur les budgets, ces opération sont dangereuses car elles cachent, à terme, une hausse lente et régulière des tarifs associés à des contraintes plus fortes. Le quasi monopole sud américain de LATAM commence déjà à avoir des effets sur les tarifs de certaines destinations locales, chères et complexes à exploiter. Mais qui a raison ? Même le low cost devrait souffrir. L'Espagne ou l'Italie, en crise, commencent à dire qu'elle ne payeront plus de "frais marketing" à Ryanair. D'autres pays pourraient suivre. Ces aides déguisées pèseraient entre 28 et 35 % des revenus de la compagnie irlandaise. EasyJet a bien compris les dangers de ce modèle et à intelligemment modifié son modèle. Mais pour combien de temps ?
Les grandes compagnies s'attaquent toutes au "trajet à bas prix". Lufthansa avec Germanwings pourrait proposer en deux ans plus de 80 destinations à des prix compétitifs. Avec les miles en plus... On imagine la bataille sur le tarmac. A en croire les analystes spécialisés, nous n'en sommes qu'au début de la grande mutation de l'aérien. Pour Jordan Z. Schwartz, analyste du transport aérien au World Bank Group, "Le regroupement, le rachat ou la concentration dans le transport aérien sont les seules possibilités pour les compagnies de peser sur les prix. Il ne faut pas s'attendre à des annonces choc mais à de lentes et régulières progression qui iront de 3 à 8 % selon les continents, la rareté de l'offre et la demande". Nous voilà prévenus. Le monde magnifique du billet d'avion à presque rien semble désormais s'éloigner. Etait-il raisonnable ?

Hélène Retout

Lundi 12 Novembre 2012


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