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Voyages d'affaires : le surclassement de dernière minute se développe sensiblement


Faudra t-il le considérer comme un "frais ancillaire" ? Le surclassement de dernière minute, réservé 48 heures avant le départ mais confirmé ou non à l'embarquement, devient la véritable vedette des compagnies américaines et européennes. Discrètement proposé par Air France, Delta ou United Airlines, il devrait se généraliser dans les prochains mois. Objectif des compagnies aériennes : vendre le maximum de sièges en business ou en premium.



Une fois l'avion parti, le siège vide est à une compagnies aérienne ce que la chambre d'hôtel est à un hôtelier : une perte sèche ! Quand on connait le prix moyen d'un repas en business comme en premium, prendre le risque de commander un nombre supérieur de plats pour attirer des surclassements à bord est un pari que prennent aisément les compagnies. Même si le prix proposé à l'embarquement est largement inférieur au prix habituel, la vente de dernière minute peut rapporter gros. Il reste à savoir comment ces achats seront supportés par les entreprises, à la condition évidente qu'elles acceptent. Ce n'est pas gagné.

Aux USA, en plus des 6 milliards de dollars par an récoltés dans les suppléments bagages et les frais de modification de réservation, les compagnies aériennes américaines arrivent aujourd'hui à collecter près de 9 milliards de dollars avec la vente de miles, wifi à bord, repas améliorés ou le choix du siège. Au final en 2013, selon les estimations, les frais complémentaires vont représenter 42,6 milliards de dollars. Ce sont 10 % des recettes des compagnies qui proviennent actuellement de frais ancillaires classiques. A lui seul, le surclassement à l'embarquement pourrait représenter près de 6 milliards de dollars en 2015. De quoi donner des idées.

Face à cette situation, on voit apparaître des politiques voyages qui déterminent désormais l'utilisation de ces services annexes. Des documents loin d'être faciles à réaliser tant l'offre est abondante. Entre une connexion wifi à 9 $ et un surclassement à 450, l'écart est de taille. Aussi, pour y répondre intelligemment, les sociétés américaines se sont jusqu'ici concentrés sur les politiques voyageurs, et intègrent les frais ancillaires à une typologie précise de voyageurs. Une solution qui demande à être peaufinée dans le temps. Notons cependant un chiffre, 17 %. C'est le volume de frais directement payés par les voyageurs et qui ne font pas l'objet d'une demande de remboursement. Le confort, à l'évidence, à un prix !

A New York,
Philippe Lantris

Mercredi 20 Novembre 2013


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