100 ans d’aviation commerciale

Au moment où le transport aérien est tant décrié, c’est la mode et cela passera, il n’est pas inutile de remonter un peu le temps.

Le premier vol d’une machine à moteur a été réalisé par les frères Wright le 17 décembre 1903. L’appareil a parcouru 260 mètres en 59 secondes. 6 ans plus tard Louis Blériot traversait la Manche le 25 juillet 1909 avec un vol de 38 km fait en 37 minutes. La Méditerranée a été franchie par Roland Garros le 23 septembre 1913. Le 18 avril 1927, Charles Lindberg traversait l’Atlantique en franchissant les 5.808 km en 33 heures 30. Seulement 4 ans plus tard le 4 octobre 1931 avait lieu la première traversée du Pacifique. Clyde Edward Pangborn et Hugh Herndon Junior l’ont terminée en un peu plus de 43 heures. Cette énumération de dates montre à l’évidence la rapidité avec laquelle ce mode de transport s’est développé. 28 ans seulement entre un premier petit bond de moins de 300 mètres et les 9.000 kilomètres qui séparent le Japon de Vancouver.

Au début de cette aventure, l’aviation a été utilisée à des fins militaires et elle reste encore l’arme essentielle de nos jours. Mais dès la fin de la Première Guerre mondiale, le besoin de transport de passagers s’est fait sentir. Le 8 février 1919, un appareil Farman avec 12 passagers à bord réalisait la première liaison entre Toussus le Noble et Kenley, près de Londres en 2h37 minutes. Et depuis ce jour mémorable, le transport aérien n’a cessé de se développer entrainant la construction d’appareils toujours plus performants. Voici quelques dates encore pour mesurer le chemin accompli. Le premier vol du fameux DC3 a été effectué le 17 décembre 1935. Certains de ces appareils sont encore en service aujourd’hui. L’un d’eux appartient d’ailleurs au Président de la FNAM : Alain Battisti qui l’entretient avec amour et le pilote régulièrement. Le premier jet commercial était le de Havilland Comet qui décolla pour la première fois le 17 juillet 1949. Il transportait autour de 40 passagers. A partir de ce moment-là l’envolée pourrait-on dire a été fulgurante. Les premiers vols d’appareils totalement nouveaux se sont succédé à cadence rapide : le 15 juillet 1954 pour le Boeing 707, le 27 mai 1955 pour la Caravelle puis la décennie 1960 a été formidablement prolifique. D’abord le 9 avril 1967 a vu le décollage du Boeing 737 qui reste encore plus de 50 ans plus tard l’appareil le plus utilisé au monde, certes dans une version très différente de celle d’origine. Mais l’année la plus exceptionnelle a été 1969, il y a tout juste 50 ans. Le Boeing 747 a fait son premier vol le 9 février de cette année-là. Il a fait entrer le transport aérien dans le grand public, suivi de près par le Concorde le 2 mars 1969 qui volait à Mach 2,2. Et puis comment oublier le premier pas de l’homme sur la Lune posé par Niel Amstrong le 21 juillet 1969.

Et on a l’impression que les grands développements du transport aérien se sont arrêtés là. Bien entendu il faut amplement nuancer cette affirmation. Airbus a fait voler le premier A 300 le 28 octobre 1972, le premier A 320 devenu si populaire le 22 février 1987 et le bientôt regretté A 380 le 27 avril 2005. La dernière grande première date tout de même de 14 ans. Certes de nouveaux appareils sont apparus aussi bien chez Boeing que chez Airbus qui ont créé les très gros bimoteurs long-courrier, mais également chez Embraer et Bombardier et maintenant chez les Russes de Sukhoi et les chinois de Comac. En fait, après avoir construit en 20 ans, entre 1960 et 1980 le transport aérien moderne, celui-ci a mis tous ses efforts à améliorer ses performances.

Et quoiqu’en disent les esprits chagrins, il n’a eu de cesse que de rechercher à diminuer son impact sur l’environnement. Cela s’explique d’ailleurs très bien d’abord pour des raisons économiques. Les compagnies aériennes ont tout intérêt à consommer moins, à polluer moins car elles sont bien conscientes qu’elles doivent être acceptées par les populations riveraines des aéroports, mais aussi parce que moins elles consomment de carburant et mieux elles se portent. Les recherches ne portent plus sur les masses à emporter ni sur la vitesse des appareils, mais sur leur impact environnemental. Et les résultats ne sont pas minces. Alain Battisti, Thomas Juin, François Baccheta et Marc Rochet ne se sont pas privés de les mettre en lumière lors du dernier Paris Air Forum organisé par la Tribune. Marc Rochet a d’ailleurs violemment remis dans ses buts l’écologiste de service qui hurlait des contre-vérités. Il ne suffit pas de crier fort pour avoir raison.

Il y n’y a aucune chance d’arrêter le développement du transport aérien car c’est l’outil de la liberté si fondamentale pour les humains que nous sommes. La dernière grande performance a été le tour du monde du Solar Impulse de Bertrand Piccard et André Borschberg. Le transport aérien s’achemine vers la neutralité carbone tout en donnant au plus grand nombre, accès à son formidable produit. Saluez !



Jean-Louis BAROUX