AFTM, tout reste à refaire pour le TM

La dernière lettre de l'AFTM se félicite, avec justesse, de l'inscription du métier de Travel Manager sur Pôle Emploi. On peut effectivement y voir une réussite là où, faute de jobs, on imaginerait plus facilement un aboutissement. Le Travel Manager est donc reconnu tout comme le maréchal-ferrant (1 offre) ou le forgeron (5 offres). Las, pour le travel manager, pas une seule proposition à l'horizon. Certains membres de l'association en savent quelque chose.

Il ne s'agit pas, loin de nous, de reprocher le travail mené par certains adhérents pour cette reconnaissance. Au contraire ! Mais il faut désormais regarder plus loin. L'homme de Cro-Magnon est lui aussi inscrit au patrimoine humain. Il a servi la cause de l'humanité mais il a bel et bien disparu. Il est donc nécessaire de regarder, dès maintenant, la prochaine étape. Quels seront les métiers du voyage d'affaires qui sortiront du lot? Celui d'acheteur, à l'évidence, est déjà bien couvert. Les achats thématiques (0 annonce sur Pôle Emploi) manquent de définition et la notion de "référent voyage" dans les PME/PMI ne sera jamais un métier à part entière.

En 6 mois, sur la page dédiée "emploi" de DéplacementsPros.com, nous avons enregistré plus de 205 annonces. Pas une seule offre ne concernait le métier de travel-manager. C'est inquiétant. Il est clair que le positionnement de ce job - qui se veut à part entière au sein des entreprises - est faible pour ne pas dire inexistant. C'est donc à ce niveau qu'il faut aujourd'hui faire porter les efforts associatifs. Nous avions, il y a un an, imaginé une Journée nationale du voyage d'affaires dans les écoles de commerce et les universités. Le projet a été présenté auprès des ministères concernés et de la Commission européenne. Sans succès. Écoute polie. Rien de concret au final. Au moins, nous avons essayé.

L'AFTM doit dès aujourd'hui porter une vision plus moderne du travel management. C'est donc tout naturellement les contours du poste de Mobility Manager qu'il faut désormais tracer. Où commence sa fonction? Que peut-elle englober? Comment peut-elle évoluer et pour quelles formations? Toutes ces questions sont importantes tant elles vont régir les emplois de demain, ceux des étudiants qui actuellement regardent le corporate travel comme une source de développement. Et ils ont raison de le faire, car la mobilité sera toujours, et demain encore, la sève économique des sociétés, pour leur activité économique ou leur prospection.

Bien sûr, l'association y a sûrement déjà pensé. Mais au-delà des idées, il faut aujourd'hui des actes concrets et visibles. C'est ce qu'attendent tous ceux qui, comme nous, croient à la puissance associative et à sa capacité d'innover.

Marcel Lévy