Air France : et pourquoi pas Jean Sarkozy ?

Le nouvel A 380 reçu vendredi par Air France, vendredi, a mis la compagnie sur le devant de la scène. Réussira-t-il pour autant à faire oublier les difficultés qui la guettent ? Rarement, Air France aura été aussi largement critiquée par ses pilotes après une maladresse de la direction qui les a rappelé à l’ordre sans pour autant se soucier de la réalité de leur travail et autres équilibres sociaux difficilement établis par Jean Cyril Spinetta. Mais les pilotes ne sont pas seuls à se rebiffer. Air France va devoir remonter la pente tant en interne qu'en externe.

Depuis le départ de l’opérationnel de Jean-Cyril Spinetta, une rumeur chasse l’autre. Air France va devenir une low cost européenne ? Va totalement repenser ses routes aériennes et en supprimer ? Devrait faire payer un maximum de services à bord y compris sur les très long-courriers ? Finira par repenser ses alliances pour desservir plus de destinations ? Se séparera rapidement de son nouveau directeur pour mieux se développer ? Cette dernière rumeur, très persistante, semble aussi être celle qui tient la corde en interne. Jugé cassant, directif et peu enclin à écouter les avis des autres, Pierre Henri Gourgeon, pourrait, à tort ou à raison, faire les frais de cette situation. Sa volonté de diriger seul l'entreprise, sans numéro deux pour tempérer les décisions voire les expliquer, place le Directeur Général Exécutif face à ses troupes. D’autant que l’arrivée du nouveau boss est liée à une promesse faite par Jean Cyril Spinetta qui l’avait clairement désigné comme son successeur. Un cadeau empoisonné.

Reste qu'Air France est aujourd'hui devant des choix importants, très difficile à faire. Face à un personnel socialement gâté, des clients très exigeants, et des entreprises à la recherche des prix les plus bas… il faudra bien trouver l'équation économique qui ne conduira pas l'entreprise dans le rouge.
On murmure que le dossier est remonté jusqu'au plus haut de l'état, avec la tentation de l’Elysée de chercher un successeur à l’actuel dirigeant d’Air France. On s’imaginerait bien un nouveau doué en tout capable de lui succéder. Et « si le meilleur d’entre nous » s’y collait ?. Nul doute que Jean Sarkozy aurait là un premier job en or ou un siège éjectable de luxe. Ce qui, en politique, revient au même !

Marc Dandreau