Avexia : « 1,2 millions d’euros en compte courant ne donnent pas une majorité d’office »

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Philippe Korcia, patron d'Eurafrique et actionnaire d'Avexia à hauteur de 8%, s'amuse des déclarations de l'italien Uvet, également actionnaire, qui à deux jours de l'Assemblée générale de l'entreprise sensée donnée une nouvelle direction, semble vouloir déjà se positionner comme le "repreneur" de l'agence spécialisée dans les PME/PMI.

Sauf que... la reprise n'est pas à l'ordre du jour. Et pour cause, personne n'a engagé de dépôt de bilan et personne n'a informé les actionnaires d'une quelconque situation financière justifiant d'une "remise d'argent au pot". Le 24 mars, la mission de l'Assemblée Générale sera principalement de désigner celui qui aura à gérer les intérêts, tous les intérêts de l'entreprise et de ses actuels actionnaires. Si Uvet a bien apporté 1,2 millions d'euros en compte courant en octobre dernier, il faut bien constater qu'il l'a fait sans pour autant avoir consulté les autres actionnaires. Pourtant, à cette période, selon Philippe Korcia, et faute d'informations complémentaires à ce jour, "L'entreprise n'avait ni trou de trésorerie, ni dettes et elle était largement soutenue par les banques". L'huissier qui a été nommé par le Tribunal de Commerce pour suivre le bon déroulé des opérations aura également pour mission de s'assurer que l'ensemble des règles juridiques soient respectées. Et la partie s'annonce rude. Pour Philippe Korcia, l'apport au compte courant réalisé par Uvet, aujourd'hui rémunéré comme le veut la loi, n'a pas de raison d'être et pourrait donc être remboursé.

Les grandes manœuvres d'intimidation engagées par les italiens devront s'appuyer, si elles existent, sur les éventuelles difficultés financières d'Avexia. Eurafrique et ses 8 %, associé aux parts détenues par Cap 5, peut espérer faire passer son projet de développement. "Un actionnaire, salarié, pourrait à lui seul garantir la pérennité nécessaire pour retrouver une sérénité au sein de l'entreprise". Mais le fera t-il ? Pressé de toute part pour rejoindre un camp ou un autre, il faudra attendre l'AG pour connaître sa position. Si Uvet obtenait l'augmentation de capital souhaitée, et au delà de la dilution des autres actionnaires, il est certain qu'une restructuration serait inévitable entre les deux entités. Une idée que rejette Philippe Korcia qui veut sauvegarder les emplois pour garantir le développement d'Avexia. On le voit, le conflit d'actionnaires engagé ne devrait pas se terminer le 24 mars prochain. Il n'est pas impossible que, passée cette date, ce soit au tour de la justice de trancher dans les positions de chacun.