Comme pas mal de voyageurs d’affaires, je dis «Vivement le 31 janvier»!

Il parait que le «politiquement correct» est le ciment de la vie collective. Une sorte de guide tacite des bonnes manières qui évite que l’on assène à ses relations des choses que l’on pense et qui ne font pas forcément plaisir. Audiard faisait dire à Lino Ventura dans les Barbouzes que «La vérité n’est jamais amusante. Sans cela tout le monde la dirait». Bref, après 15 jours de cérémonies téléphoniques de vœux, je craque!

Des gens que je ne connais pas me souhaitent une bonne année. C’est plutôt sympathique. Mais autant vous le dire, je ne décèle pas une très grande sincérité dans ces phrases débitées à tout allure avant de passer à l’essentiel : la raison principale de l’appel. Pour autant, moi qui ne suis pas fan du vœu par mail, je me suis obligé cette année à exprimer tous mes souhaits pour 2014 aux gens que j’appréciais réellement. Comme j’en ai sans doute oublié, autant dire que cette phrase me sera reprochée longtemps. J’avoue aussi que j’ai triché. Imaginez, il m’aurait fallu une kyrielle de formules différentes ! Je n’ai pas l’imagination aussi fertile pour tourner la santé, la réussite et le bonheur en une aussi grande variété de quatrain. Parfois j’ai copié ! Pire dans ma lancée, j’ai appelé Marc, Brigitte et vice versa ! Ils se sont bien marrés. Bref, encore 15 jours de souffrance et la cérémonie sera finie. Las, alors que le temps digital se raccourci, cette période de vœux ne bouge pas d’un iota.

Mais ne vous y trompez pas, je ne suis pas en train de vous dire qu’elle me déplait. Je précise simplement que je n'apprécie pas lorsque cela est devenu un automatisme chez mes interlocuteurs et surtout, je reconnais que je manque souvent d’originalité ! Imaginez alors nos voyageurs d’affaires, obligés de préciser à leurs possibles clients (qui pour l’heure n’achètent rien) que 2014 sera magnifique! Pensez donc à ces commerciaux qui répètent dix fois par jour la même chose à des entreprises qui en font tout autant! Un site américain s’est amusé à calculer ce que cela représentait au total environ 110 minutes par jour de banalités toutes faites. Mais soyons francs, elles sont indispensables à ce que les spécialistes appellent : la relation humaine. Audiard, toujours lui, leur a répondu par la voix de Maurice Biraud «On est 3 milliards sur terre, quoi qu’on fasse on ne pourra pas aimer tout le monde».

Marcel Lévy
....Qui vous renouvelle néanmoins et sincèrement ses vœux de très bonne année 2014!