Comment décrypter le rachat de BMI par British Airways et Iberia ?

John Grant, vice-président de Networks, une division d'UBM Aviation, s'est intéressé au rachat de BMI par IAG (l'entreprise née de la fusion d'Iberia et de British Airways). Pour ce spécialiste de l'aérien " La motivation principale du rachat de bmi par IAG n'est pas simplement d'obtenir des créneaux à Londres Heathrow, mais surtout d'obtenir des créneaux d'arrivée en début de matinée, qui sont très convoités".

Comment décrypter le rachat de BMI par British Airways et Iberia ?
British Airways va chercher à augmenter son offre sur l'Asie, et pour cela, il lui faut les premiers créneaux d'arrivée du matin à Heathrow, qui permettent de fidéliser les passagers de la classe affaires. On peut s'attendre à ce que des destinations comme Kuala Lumpur et Incheon, que British Airways ne dessert pas actuellement, soient ajoutées par la suite.

Cette opération va faire diminuer le nombre de créneaux détenus par British Airways à Heathrow, le faisant passer de 43% actuellement à 41%, tandis que sa capacité va augmenter, passant de 41% à 46%, du fait que les avions de bmi sont en moyenne plus petits que ceux de British Airways. Sur le plan collectif, cette opération signifie que l'activité combinée de British Airways, d'Ibéria et d'American Airlines représentera environ 55% des fréquences au départ de Londres Heathrow.

Par comparaison, Lufthansa AG assure environ 64% des mouvements d'avions à Frankfurt, Air France environ 58% à Paris, et KLM environ 52% à Amsterdam.

Sur le plan collectif, cela permettra à British Airways et à IAG de conforter leur position à Londres Heathrow et de retrouver une partie de l'avantage concurrentiel dont ils sont aujourd'hui privés au profit d'autres plates-formes de correspondance. Conjuguée à l'arrivée imminente, dans les années à venir, d'une nouvelle flotte chez British Airways, cette décision est très judicieuse sur le plan commercial, pour British Airways comme pour l'ensemble d'IAG.

John Grant, vice-président de Networks